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ICOM Paraguay 2023 - Le leadership des musées en matière d'action climatique
Le thème de la conférence internationale organisée par ICOM Paraguay et quatre comités internationaux de l'ICOM est "Le leadership des musées en matière d'action climatique".
En collaboration avec l'ICMAH, ICTOP INTERCOM et MPR.
Cette conférence respectueuse de l'environnement se concentrera sur le site au Paraguay, en mettant l'accent sur la durabilité. Une présentation extraordinaire en ligne sera autorisée pour chacune des quatre sessions. Certaines parties du programme seront diffusées en direct et/ou enregistrées. Les affiches seront annoncées ultérieurement.
Appel à contribution - 30 mai 2023 :
Il y a deux formats de soumissions avec des critères différents : Les communications et les articles. Vous ne pouvez soumettre qu'un seul format.
Nous accueillons une diversité de soumissions qui informent le secteur sur ce qui est fait et ce qui doit être fait par les musées et les sites du patrimoine culturel en réponse aux défis de l'Anthropocène, l'ère géologique où l'activité humaine a commencé à avoir un impact significatif et négatif sur le climat et les écosystèmes de notre planète.
Les partenaires de la conférence invitent les membres de l'ICOM et les autres professionnels des musées à soumettre un résumé d'une contribution académique et professionnelle originale à l'étude et à la pratique du sujet de la conférence. Nous accueillons une diversité de soumissions qui peuvent informer le secteur sur ce qui est fait et ce qui doit être fait par les musées et les sites du patrimoine culturel en réponse aux défis de l'Anthropocène, l'époque géologique où l'activité humaine a commencé à avoir un impact significatif et négatif sur le climat et les écosystèmes de notre planète.
En tant que leaders du secteur des musées et du patrimoine culturel, il est de notre responsabilité d'être bien informés et proactifs en modélisant et en préconisant le passage à des solutions plus durables et respectueuses du climat pour nos musées, nos communautés et notre monde.
Quels types d'aptitudes et de compétences devons-nous acquérir ? Quel est le nouveau programme pour le secteur des musées au niveau universitaire et pour la formation continue ? Quelles nouvelles perspectives, politiques, pratiques et programmes devrions-nous adopter ? Comment inspirer et soutenir des solutions innovantes ? Comment éduquer et engager les donateurs, les partenaires, les communautés et les jeunes générations ? Comment pouvons-nous communiquer efficacement sur ce que nous faisons ? Comment savoir si et quand nous faisons la différence ?
Toutes les propositions soumises seront évaluées par un comité d'examen composé de représentants des organismes organisateurs afin de déterminer leur pertinence par rapport au thème de la conférence. Elles seront publiées avec un numéro ISBN, en anglais et en espagnol, sous la forme d'un livre électronique.
Retrouvez ici le sujet, les thèmes et le contenu de la conférence
Appel à contribution // Revue In situ
In Situ, appel à contributions : « La participation des citoyens et des bénévoles aux politiques des patrimoines »
Date limite d’envoi des propositions : 15 juin 2023
Coordination scientifique
Sylvie Le Clech, conservatrice générale du patrimoine, directrice adjointe des Archives diplomatiques, ministère des Affaires étrangères
Bruno Saunier, conservateur général du patrimoine, inspecteur des patrimoines – collège musées, ministère de la Culture, direction générale des Patrimoines et de l’Architecture
Simon Piéchaud, conservateur général honoraire du patrimoine
Pierre Pénicaud, conservateur général du patrimoine, inspecteur des patrimoines – collège musées & patrimoine scientifique, technique et naturel, ministère de la Culture, direction générale des Patrimoines et de l’Architecture
Appel à contributions
Une étude sur la participation citoyenne et le bénévolat aux politiques des patrimoines a été menée de septembre 2020 à décembre 2021 par quatre conservateurs généraux, inspecteurs des patrimoines. Elle a essentiellement consisté en des entretiens semi-directifs auprès de 250 acteurs du patrimoine, professionnels, bénévoles et participants, ainsi qu’auprès d’élus. Un colloque a ensuite été organisé au début de l’année 2022. Il a réuni, en distanciel et en présentiel, près de 400 inscrits, et a confirmé le diagnostic et les pistes d’actions ressortant de l’étude.
Il est rapidement apparu que la problématique de l’engagement des citoyens dans les politiques patrimoniales, qui prend de nombreuses formes, méritait un prolongement au-delà du diagnostic et des pistes d’actions proposées pour approfondir plusieurs questions :
1. Quelles légitimités scientifiques et politiques pour les différents acteurs des politiques patrimoniales, lorsque la participation des citoyens est introduite ?
2. Quelles limites peut-on ou doit-on poser lorsque cette participation est mise en place ?
3. Quels profils et quelle évolution pour les participants et les bénévoles ?
4. Comment sont-ils considérés par les professionnels ? Comment se perçoivent-ils eux-mêmes ?
5. Quelle place occupent-ils réellement dans les dispositifs participatifs et quelle place souhaitent-ils ?
6. Tous les champs patrimoniaux se prêtent-ils à la participation ?
7. Les formes de la participation sont-elles différentes suivant les champs ?
8. La participation dans le patrimoine culturel est-elle spécifique et se distingue-t-elle de celle observée dans d’autres politiques publiques ?
Les articles, qui pourront émaner de personnes engagées, soit à titre individuel soit à titre collectif (fédération, association, société savante), de membres du monde académique ou d’acteurs professionnels (responsables d’établissements culturels tels qu’archives, musées ou bibliothèques ou de services patrimoniaux de l’État ou de collectivités territoriales), devront donc aborder ces différentes questions. Les perspectives internationales seront les bienvenues pour élargir le sujet.
Nous proposons de regrouper les différentes questions ci-dessus en trois axes, mais des contributions sur de nouvelles thématiques pourront être proposées :
Axe 1 – De la consultation à la décision : jusqu’où aller dans la participation ?
Axe 2 – Qui sont les participants et les bénévoles ?
Axe 3 – Existe-t-il des différences entre les champs patrimoniaux ?
Axe 1 : De la consultation à la décision : jusqu'où aller dans la conservation ?
Autant la question de la participation de la société civile se pose depuis les origines de la démocratie, autant celle de ses limites se pose également. Simple consultation ou participation à la gestion d’un service ou d’un établissement ? Jusqu’où peut-elle aller ? Les différentes formes de participation pourront être interrogées.
Le bénévolat et la participation sont-ils admis par ceux qui détiennent légitimement le pouvoir et le savoir – élus, fonctionnaires, experts –, et ces groupes sont-ils prêts à cette coopération ? Jusqu’où sont-ils également prêts à partager pouvoir et savoir ? Sont-ils formés à cet exercice ? Quels sont les risques en matière scientifique et donc les limites de ce partage ? Telles sont les questions rencontrées.
Quelles légitimités scientifiques et politiques pour les différents acteurs des politiques patrimoniales lorsque l’on introduit la participation des citoyens ?
L'absence de formation
Un projet participatif peut-il être mis en place sans que se pose la question des compétences des participants ? À l’inverse, un projet participatif requiert-il des compétences particulières pour être mis en place et réussir ?
L’approche scientifique peut-elle aller jusqu’à la cogestion ?
Il existe de nombreux exemples de co-construction d’un programme de collecte ou de recherche dans un des champs patrimoniaux, d’un programme urbanistique ou architectural, de son élaboration jusqu’à sa réalisation. Les modes de travail sont-ils en train de changer et observe-t-on dans le domaine du patrimoine de nouvelles habitudes ?
Qu’en est-il, en revanche, de la cogestion d’un service ou d’un établissement patrimonial ? Elle semble supposer un type d’organisation particulier accordant une place à des acteurs autres que des élus ou des fonctionnaires. Mais lequel ?
La participation ne risque-t-elle pas de remettre en cause l’approche scientifique au profit du relativisme et du communautarisme ?
Parmi les freins évoqués par les différents interlocuteurs, la question d’une éventuelle remise en cause de l’approche scientifique du patrimoine est ressortie. Quelles formes peut-elle prendre ?
Quelles limites peut-on ou doit-on poser lorsque la participation est mise en place ?
Le temps et les moyens
La première limite observable à partir des comptes rendus d’entretiens de l’étude et à partir de la littérature est celle du manque de temps et de moyens à consacrer à l’encadrement de bénévoles et de participants. Cette limite est-elle toujours invoquée à juste titre ?
Les risques juridiques
Nombre de responsables d’établissements ou de services patrimoniaux invoquent les risques juridiques que ferait courir l’intervention de bénévoles et de participants dans le fonctionnement d’un service ou d’un établissement. Quelle serait leur responsabilité en cas de problème, ou quelle serait la responsabilité de la personne bénévole ou participant ? La question de la propriété intellectuelle des données produites ou des connaissances apportées est également récurrente.
Des réticences internes
L’un des points bloquants souvent mis en avant serait la réticence des personnels d’un service ou d’un établissement. Et cela quelle que soit leur taille. Cela irait de réticences personnelles d’un ou plusieurs agents jusqu’à des blocages exprimés via les organisations syndicales. L’histoire de l’institution ou de la discipline expliquerait parfois ces blocages.
Limites et risques semblent donc nombreux dans le long chemin du bénévolat et de la participation. Existent-ils vraiment ou résultent-ils davantage d’attitudes que de réels obstacles ?
Axe 2 : Qui sont les participants et les bénévoles?
La question du profil des bénévoles et celle du regard des professionnels et des politiques sont des considérations qui dépendent des secteurs patrimoniaux et de leurs degrés d’ouverture aux acteurs. La numérisation de la société en a marginalisé certains et mobilisé d’autres, tandis qu’une forme de judiciarisation impacte ce monde de l’engagement où volontaires, professionnels et politiques se rencontrent et agissent.
Quels profils et quelles évolutions?
Les bénévoles sont des acteurs de terrain dont la force est de disposer de temps, d’un profil socioprofessionnel adéquat ou d’une motivation particulière, mais favorable aux apprentissages. Les associations ont longtemps été le vivier du bénévolat, mais leur évolution, notamment le vieillissement des membres, nécessite d’en repenser la place dans des domaines patrimoniaux qui cultivent le travail en mode projet.
Comment sont-ils considérés et comment se perçoivent-ils?
Il s’agit donc de considérer le croisement des regards qui varient selon les attentes et les besoins. La volonté, l’émotion, le pragmatisme, les compétences et la légitimité sont les ingrédients d’un monde d’intérêts complémentaires qui n’exclut pas les contradictions voire les confrontations.
Quelle place occupent-ils et quelle place souhaitent-ils ?
La question des rapports réciproques suggère de considérer l’acceptation mutuelle qui a largement évolué et parfois changé selon les secteurs.
Axe 3 : Existe-t-il des différences entre les champs patrimoniaux?
Les axes précédents montrent bien que la participation et le bénévolat diffèrent d’un champ patrimonial à l’autre. Il est intéressant de préciser à quel niveau se situent les différences observées.
Tous les champs patrimoniaux se prêtent-ils à la participation ? Les formes de la participation sont-elles différentes suivant les champs ?
Le patrimoine, qui est le bien commun à transmettre, concerne par nature l’ensemble des citoyens. Mais suivant sa nature – archives, livres, œuvres d’art, objets du passé proche ou lointain (dans le temps et dans l’espace), patrimoine bâti ou naturel… –, certaines des trois grandes étapes de la patrimonialisation – collecte, conservation, étude et valorisation – semblent ne pas pouvoir se prêter, du moins de la même manière, à l’intervention des bénévoles et des participants, en regard de celle des professionnels. Cette impression est-elle justifiée ou relève-t-elle plus d’une évolution différenciée des différents champs et de leurs spécialistes ?
Existe-t-il une spécificité de la participation dans le patrimoine culturel ?
Comparer la problématique de la participation des citoyens aux politiques des patrimoines, avec celle concernant, par exemple, pour le ministère de la Culture, les politiques ayant trait à la création artistique et au spectacle vivant, mais aussi à d’autres champs des politiques publiques, l’environnement, la recherche ou la santé notamment, pourrait être intéressant. Un regard sur la situation dans d’autres environnements culturels et politiques, à l’étranger ou pour le patrimoine immatériel serait éclairant.
Proposition de contributions
Les articles proposés devront contenir une part inédite d’expérience, de recherche, d’hypothèse ou de mise à jour ; ils ne sauraient reprendre la totalité d’un article déjà paru. Il est souhaité qu’ils soient largement illustrés, y compris par des exemples sonores et/ou audiovisuels. Ainsi pourraient-ils contenir un entretien vidéo ou en prendre la forme.
Si vous souhaitez contribuer à ce numéro, nous vous remercions d’envoyer avant le 15 juin 2023 un résumé de votre proposition de 1500 signes au maximum, ainsi qu’un court CV
par courriel :
insitu.patrimoines@culture.
ou par voie postale :
Ministère de la Culture
Direction générale des Patrimoines et de l’Architecture
Revue In Situ
à l’attention de Nathalie Meyer
6, rue des Pyramides
75001 Paris
Merci d’envoyer également une copie de votre proposition aux coordinateurs scientifiques : Sylvie Le Clech, Bruno Saunier, Simon Piéchaud, Pierre Pénicaud à :
sylvie.le-clech@diplomatie.
pierre.penicaud@culture.gouv.
Les textes des articles correspondant aux propositions retenues sont attendus pour le 1er janvier 2024. Vous pourrez rédiger votre article en français ou dans votre langue d’usage. Les textes seront publiés dans leur version originale et dans leur traduction française. La taille des articles sera comprise entre 15 000 et 35 000 signes, espaces et notes comprises.
Les recommandations aux auteurs concernant le nombre de pages ou d’images, les droits iconographiques, l’insertion de notes et de liens, etc. sont consultables sur le site de la revue : https://journals.openedition.
La rédaction de la revue In Situ
Ce que collectionner veut dire
Journée d'étude organisée au Musée des Arts du livre et de la reliure de Bruxelles sur le thème du collectionnisme
C'est la quatrième année que nous poursuivons, avec Géraldine David, directrice de la Bibliotheca Wittockiana à Bruxelles, ce cycle de journées autour du collectionnisme. Après avoir évoqué la psychologie du collectionneur, ses rapports au musée et au marché, nous accueillerons de nombreux collègues (Julie Bawin, Arnaud Bertinet, Pascal Griener, Alain Quemin...) pour évoquer les relations entre le collectionneur et les artistes.

Enquête sur les comités internationaux de l'ICOM
Le réseau mondial de l'ICOM
Vous le savez, les comités internationaux réunissent des experts des différentes spécialités muséales et font la richesse d’ICOM. Ces groupes de réflexion thématiques sont de véritables lieux d’échanges internationaux : ils permettent de partager expérience et savoir-faire, ils participent à la définition ou à l’actualisation des normes, ils établissent des recommandations et concourent ainsi à l’évolution de nos métiers et à leur prise avec le monde contemporain.
A quoi servent les comités internationaux ?
Les comités internationaux sont conjointement responsables du développement et de la mise en œuvre des programmes de l’ICOM et des activités liées au mandat spécifique de chaque comité. En outre, les comités fournissent des conseils utiles au conseil d’administration, au conseil consultatif, et au directeur général sur les questions relatives à la mission et aux programmes de l’ICOM. Ils sont donc au cœur de l’activité de notre organisation.
Pour ce faire, chacun des 32 comités internationaux organise chaque année des réunions et des ateliers, donnant ainsi à leurs membres l’occasion d’élargir leurs horizons et de constituer un réseau professionnel solide et international. Leurs conclusions contribuent à faire évoluer la profession muséale par l’échange de bonnes pratiques, la publication d’études et l’établissement de partenariats avec d’autres organisations culturelles.
Tous les membres de l’ICOM peuvent dès leur adhésion s’affilier à un ou plusieurs de ces comités en fonction de leur secteur de compétences, de leur envie et de leur responsabilité professionnelle. Sur les 5 000 membres individuels d’ICOM France, 2 500 se sont inscrits à un comité international, ce qui en fait aujourd’hui le comité national le plus représenté. Parmi eux, 16 membres d'ICOM France sont élus au sein des boards des 32 comités. Ce qui est déjà très encourageant, mais on peut faire mieux !
Si nous sommes nombreux à adhérer à un comité international, les niveaux d’engagement diffèrent.
ICOM France souhaite aujourd’hui aider au développement de la présence de ses membres au sein de ces comités et mieux les accompagner.
Des ressources permettant d’accompagner les membres dans leur investissement au sein des comités internationaux existent, tant auprès d’ICOM France qu’après d’ICOM international, mais elles sont souvent méconnues (bourses d’ICOM France pour des frais d’inscription à des conférences à l’étranger, soutien à l’accueil d’un comité sur notre territoire, possibilités de financement via le SAREC pour des projets spéciaux, etc).
Il nous semble ainsi utile de vous interroger pour mieux appréhender votre connaissance de ces comités, vos attentes à leur égard, comprendre vos interrogations, vos satisfactions, les freins éventuels à votre participation.
C’est pourquoi nous vous proposons de répondre à ce rapide questionnaire, afin de définir avec vous les outils les plus adaptés pour dynamiser notre réseau au sein d’ICOM.
Votre participation est importante. Votre réponse est attendue avant le 14 mai prochain !
Agir en intrus dans les musées. Inclusions, controverses, exclusions et patrimoines
Soumettez vos articles à la revue Ethnographies.org (n°47) sur la thématique : Agir en intrus dans les musées. Inclusions, controverses, exclusions et patrimoines
Le 14 octobre 2022, à la National Gallery de Londres, un jet de soupe à la tomate sur un bouquet de tournesols – opportunément protégé par une vitre – fait plus parler pour la sauvegarde de la planète que bien des rapports d’experts. L’acte déchaîne aussitôt toutes sortes de commentaires, traduisant l’incompréhension souvent, motivant de nouvelles réflexions parfois. Ce geste s’oppose en tout à un vol : ses protagonistes prennent soin de se coller la main gauche sur la paroi en dessous de leur cible avant d’énoncer leurs revendications. La polémique peut commencer, le procès s’ensuivre, la controverse s’alimenter.
Septembre 2005, un groupe clandestin de sauvegarde du patrimoine s’installe pour un an au dernier étage du Panthéon à Paris et, à l’insu de tous, travaille à la restauration de son horloge Wagner du XIXe siècle. Ayant ultérieurement rendu publique leur action, dans l’espoir que l’horloge serait remise en marche, les Untergunther seront poursuivis en justice avant d’être finalement relaxés.
En 1996, un visiteur du musée national des Arts et Traditions populaires déclare qu’une poupée votive, collectée dans le bocage normand et dont le cartel mentionne dûment les pouvoirs surnaturels, est « redevenue active ». Devant l’émoi provoqué par cette annonce, l’équipe et la direction du musée s’empressent de rechercher une solution pour en neutraliser les effets. Après plusieurs tentatives infructueuses de recours à des spécialistes, la poupée et d’autres objets susceptibles de manifester une emprise sur les personnes sont disposés dans une armoire blindée réputée retenir les ondes, dans un local isolé des réserves du musée.
À travers cet appel à contribution, la revue Ethnographiques.org désire susciter une réflexion sur ces formes d’actions qui, aussi diverses qu’inattendues dans les musées, se démarquent de ce que l’on considère habituellement aller de soi dans ces institutions. Nous faisons le pari que ces intrusions et leurs effets ont beaucoup à nous apprendre sur les transformations profondes qui affectent actuellement les musées et leurs modes de fonctionnement.
Qu’est-ce qu’agir en intrus dans les musées ? Qu’est-ce que cela est susceptible de produire sur les pratiques ordinaires de ceux qui y travaillent, de tous ceux auxquels est déléguée une responsabilité au sein de ces institutions ? Qu’est-ce que ces intrusions nous disent des potentialités et des limites des musées, de leur succès actuel et de leur rôle prépondérant dans les processus de définition des patrimoines ?
En première approximation et sans prétention à l’exhaustivité, nous avons repéré quelques domaines et aspects de la vie des musées dans lesquels la notion d’intrusion, ou plus précisément la question des manières d’y agir en intrus et de leurs effets, manifeste une forte potentialité heuristique.
1) Les modes de fonctionnement internes des musées : le traitement et la sélection des objets des collections ; les systèmes de classification et de documentation adoptés ; les options muséographiques choisies ; les modalités de présentation et de rédaction des textes, discours et annonces ; les horaires d’ouverture, les accès aux locaux, les formes d’adresse aux publics et les initiatives tournées vers l’extérieur ; la composition des équipes, l’intégration d’intervenants extérieurs, les liens tissés avec des acteurs de la recherche scientifique, des réseaux associatifs, du monde politique et de l’administration. Tout un ensemble d’activités réalisées par les différents professionnels et acteurs des musées, qu’elles fassent l’objet de définitions explicites ou qu’elles relèvent de ce qui va soi, de mesures routinières ne faisant pas l’objet de débats. Comment, dans ces écosystèmes muséaux, la survenue ou la révélation d’un élément insoupçonné (externe aussi bien qu’interne) est-elle susceptible d’interroger ces pratiques, de les placer sous le signe de la controverse, de motiver leur explicitation ou de provoquer leur transformation ?
2) Les formes et les niveaux d’intégration des musées dans les économies, qui présentent une très grande diversité et manifestent de multiples effets sur leurs conditions de fonctionnement. On peut entendre dans l’action des militantes écologistes aspergeant le tableau de Van Gogh une dénonciation des liens entre accumulation capitaliste, constitution des collections et développement des institutions muséales. Très prégnants dans une économie globalisée, ces liens sont cependant anciens dans l’histoire des musées et des patrimoines, et déterminants pour le statut et la prééminence dont les institutions muséales peuvent se prévaloir. Pour partie, les musées participent aujourd’hui pleinement de la mondialisation culturelle des échanges, aussi bien à travers leurs déclinaisons ou franchises, établies en divers points du globe, que grâce à la vaste économie de circulation des expositions et des investissements privés massifs dont celle-ci fait l’objet. Plus localement, et en fonction des modalités de financement des musées, la question de leur rentabilité ou de leur capacité à justifier leurs activités en termes d’utilité publique conditionne leur fonctionnement et leurs orientations, voire leur survie. Dans ce contexte, tant par la circulation internationale des œuvres, des images et des discours associés que du fait de la répartition inégale des ressources, des statuts et de la reconnaissance, les musées peuvent se révéler tout à la fois lieux et cibles de contestations, ou encore tribunes inopinées de nouvelles revendications.
3) Les dimensions épistémiques et éthiques du travail muséal : la notion proposée d’intrusion peut être comprise comme l’indice d’une “part manquante”, d’un impensé a priori inassimilable, laissé pour compte dans le fonctionnement “normal” des musées, ou encore dans les efforts d’inclusion, les injonctions à la participation, les initiatives de démocratisation culturelle aujourd’hui couramment évoquées dans l’univers muséal. Il ne s’agit toutefois pas de considérer que toute exclusion serait inacceptable. Les musées ne peuvent ni tout garder, ni tout montrer, ni tout étudier et communiquer. La patrimonialisation procède toujours d’une sélection, ou autrement dit de multiples exclusions. Les mutations sociales, politiques, culturelles, économiques, impriment leurs marques sur ces choix, qu’ils soient explicites et conscients, ou non.
4) Les imaginaires du musée : si la littérature, le cinéma, la bande dessinée ou les représentations ordinaires font souvent apparaître les musées comme des lieux dédiés à la conservation, imposants et austères, disciplinés, strictement surveillés et sélectivement perméables aux mondes qui les entourent, c’est peut-être pour faire la part belle, par contraste, à d’autres imaginaires à la fois parallèles et connexes : ceux de la transgression, de la subversion, de la convoitise et de l’effraction, de l’érotisme, de la contestation, de la vengeance ou de la réparation de l’injustice, du canular ou du renversement de l’ordre des choses. Les gens des musées peuvent ne pas se reconnaître dans ces œuvres de fiction, et la réalité de telles intrusions paraître improbable. Cependant ces histoires nous parlent, et peut-être nous disent-elles quelque chose du travail muséal réel et concret qui se déroule dans l’entre-deux, dans la médiation entre l’inévitable clôture propre à toute institution et l’intrusion inattendue d’autres imaginaires.
La revue Ethnographiques.org accueille des contributions de chercheurs et chercheuses en sciences sociales et humaines, qu’il s’agisse de réflexions en cours ou de travaux plus aboutis. Elle privilégie des recherches présentant des données de première main et des réflexions confrontant des perspectives, des expériences ou des épistémologies différentes. Les autrices et auteurs sont vivement encouragés à mobiliser des matériaux multimédias, visuels et/ou sonores susceptibles d’enrichir leur article.
Soumissions jusqu'au 23 avril 2023
Newsletter 2023 du Comité international AVICOM
Retrouvez la première lettre d'information 2023 de l'AVICOM, partagée par le président le Dr Michael H. Faber
La programmation 2023 du Comité est relayée dans cette newsletter, CI-CONTRE.
ICOM voices
ICOM Voices // Proposez vos articles et vos contributions sur la plateforme de communication ICOM Voices
ICOM Voices reçoit des projets portant sur les musées et le patrimoine. Il encourage ainsi le partage d’expériences et les discussions sur ce sujet. Il promeut les thèmes qui sont au cœur de la mission contemporaine des musées : le développement durable, les communautés et le développement local, la protection du patrimoine, le patrimoine immatériel et les conditions de travail des professionnels des musées, entre autres. Afin d’encourager l’échange d’expérience et de connaissances entre les professionnels des musées, l’ICOM a mis en place une nouvelle rubrique sur son site internet, intitulée « ICOM Voices ». Nous invitons tous les membres de l’ICOM à proposer des articles traitant des thèmes susmentionnés en anglais, français ou espagnol.
Nous souhaiterions recevoir des articles traitant des sujets suivants :
- le développement durable
- la protection du patrimoine
- le patrimoine immatériel
- les communautés et le développement local
- la profession muséale
- musées et COVID-19
Les articles peuvent prendre la forme, entre autres, d’études de cas, de rapports de terrain, d’articles d’opinion, ou encore de revues critiques d’ouvrage, d’exposition ou de conférence.
Merci de taper un résumé de votre article, d’une centaine de mots, dans le champ prévu à cet effet. Les articles entiers envoyés en pièce jointe seront également pris en compte.
Vous pouvez envoyer votre proposition dans l’une des trois langues officielles de l’ICOM : l’anglais, le français ou l’espagnol.
Les propositions reçues seront examinées par l’équipe chargée de la rubrique « ICOM Voices ». Nous vous contacterons si votre proposition a été choisie.
Pour consulter les consignes relatives à la soumission d’articles entiers et pour plus d’informations sur le processus, cliquez sur ce lien.
Nous avons hâte de recevoir vos propositions !

« Collections premières ». Aux débuts des objets d’Afrique dans les musées occidentaux
« Collections premières ». Aux débuts des objets d’Afrique dans les musées occidentaux
Comment la mise en collection des objets d’Afrique a effacé leur histoire pour les transformer en « arts premiers » ? Si cette catégorie de classement a fait long feu, ses effets perdurent. Ce colloque revient sur cette histoire en examinant, au plus près de la primo-acquisition des objets et la sortie de leur contexte d’usage, les processus de muséalisation et leur rôle dans la création d’une certaine forme de « patrimoine africain ». Ce colloque propose ainsi d’examiner collectivement les archives à disposition pour écrire une histoire des collections s’attachant aux acteurs individuels comme aux contextes géo-politiques. Il propose ainsi de reconsidérer la collection comme cadre d’étude et mode d’écriture de l’histoire.
Accompagnant le colloque, neuf musées présentent à cette occasion, dans leurs murs, un focus sur un objet, un acteur ou une archive qui mettent en lumière l’histoire de ces collections. Ces expositions-dossiers seront présentées en miroir à l’INHA, par des affiches dans la salle Warburg.
Comité scientifique
Gaëlle Beaujean (musée du quai Branly-Jacques Chirac, Paris), Julien Bondaz (université de Lyon 2, Lyon), Claire Bosc-Tiessé (INHA, Paris), Marie-Yvonne Curtis (CERFIG, Conakry), Coline Desportes (INHA/EHESS, Paris), Fatima Fall (CRDS, Saint-Louis du Sénégal), Aurélien Gaborit (musée du quai Branly-Jacques Chirac, Paris), Alexandra Galitzine-Loumpet (CESSMA/ANR Retours, Paris), Elikya Kandot (musée de Boulogne-sur-mer), Georges Magnier (Musées de Reims), Pauline Monginot (INHA, Paris), Aurélien Pierre (musées de Rodez), Émilie Salaberry-Duhoux (MAAM, Angoulême).
Musées partenaires pour les expositions-dossiers
Le musée d’Angoulême, le musée Calvet à Avignon, le musée municipal de Bourbonne-les-Bains, le muséum d’histoire naturelle de La Rochelle, le musée d’Arts africains, océaniens, amérindiens de Marseille, la Monnaie de Paris et l’Association des musées en Bourgogne – Franche-Comté avec le musée des Beaux-Arts de Dijon, le musée municipal de Sens et le musée d’Art et d’Histoire de Belfort.
Comité d’organisation
Claire Bosc-Tiessé (INHA), Coline Desportes (INHA), Pauline Monginot (INHA)
Programme de recherche
« Vestiges, indices, paradigmes : lieux et temps des objets d'Afrique (XIVe au XIXe siècle) » (domaine Histoire de l’art du XIVe au XIXe siècle)
Entrée libre sous réserve des places disponibles
Les acquisitions sous séquestre des musées nationaux durant l’Occupation : les collections du château de Versailles
Patrimoine spolié pendant la période du Nazisme (1933-1945)
Les acquisitions sous séquestre des musées nationaux durant l’Occupation : les collections du château de Versailles à la lumière des sources
À la faveur de crédits spéciaux mis à la disposition des musées nationaux, le château de Versailles a enrichi ses collections durant la Seconde Guerre mondiale. Ces acquisitions ont été effectuées par le conservateur en chef, Charles Mauricheau-Beaupré, auprès d’antiquaires, de particuliers, et lors de ventes publiques ou de ventes sous séquestre organisées par l’administration des Domaines de Seine-et-Oise. Si une majorité des œuvres provenant de séquestres a été restituée après-guerre, il importe d’analyser le processus d’intégration et de radiation de ces biens artistiques au sein des collections muséales, ainsi que l’attitude des musées nationaux sous l’Occupation dans toute sa complexité.
Intervenante
Claire Bonnotte Khelil (musée national des châteaux de Versailles et de Trianon)
À propos du séminaire : Patrimoine spolié pendant la période du nazisme (1933-1945) – Conséquences, mémoires et traces de la spoliation
Organisé depuis 2019, ce séminaire poursuit le champ d’investigation. Les questions restent nombreuses : pourquoi recherche-t-on les œuvres d’art ? Pourquoi s’intéresse-t-on aux œuvres d’art plus qu’à d’autres biens spoliés ? Quelles sont les conséquences d’une restitution pour les descendants de personnes spoliées ? Qu’est-ce que restituer veut dire, pour les descendants des spoliés, ou pour les musées ? Le séminaire s’intéresse également aux artistes et écrivains inspirés aujourd’hui par les thèmes de la spoliation, de la disparition et de la recherche des traces. Au côté des chercheurs de provenance, des historiens de l’art, des historiens et des juristes, ces créateurs font vivre à travers leurs œuvres le souvenir des hommes et des femmes qui furent spoliés.
En partenariat avec la mission de recherche et de restitution des biens culturels spoliés entre 1933 et 1945 (ministère de la Culture) et l’Institut national du patrimoine
Comité scientifique
Séverine Blenner-Michel (INP), Ines Rotermund-Reynard (INHA), David Zivie (mission de recherche et de restitution des biens culturels spoliés entre 1933 et 1945 du ministère de la Culture)
Programme de recherche
« Répertoire des acteurs du marché de l’art en France sous l’Occupation (1940-1945) », cheffe de projet Ines Rotermund-Reynard (domaine Histoire des collections, histoire des institutions artistiques et culturelles, économie de l’art).
Entrée libre sous réserve des places disponibles

La galerie des Batailles du château de Versailles, prise par un soldat allemand (entre juin 1940 et août 1944) © Château de Versailles, Dist. RMN / © Christophe Fouin
Festival de l'Histoire de l'art au Château de Fontainebleau - 12ème édition
Le Festival de l'Histoire de l'art, qu'est-ce que c'est ?
Conférences, tables rondes, projections de films, expositions, salon du livre et de la revue d’art, rencontres étudiantes et professionnelles, visites, ateliers pour enfants, concerts… Le festival, ce sont plus de 250 événements mettant en scène la richesse des arts visuels de toutes les époques.
Durant trois jours, spécialistes, étudiants et passionnés se retrouvent dans le cadre exceptionnel du château de Fontainebleau pour un moment de partage autour de l’actualité de la recherche en histoire de l’art.
Présentation de la 12ème édition
Peu de pays ont connu une histoire artistique aussi foisonnante sur un périmètre aussi condensé que la Belgique. Aujourd’hui encore, la qualité et le dynamisme de la scène artistique belge s’expriment dans tous les domaines : cinéma, arts visuels, danse, mode, design, architecture et, bien sûr, bande dessinée. Le FHA23 sera un merveilleux écho de cette vitalité créative belge.
En choisissant le climat comme thème annuel, le festival poursuit sa volonté d’ancrer sa programmation au cœur des débats de société. Pendant trois jours, l’histoire de l’art dialoguera avec de nombreuses autres disciplines – histoire, archéologie, philosophie, géographie, climatologie – pour offrir des pistes de réflexion à des questions qui nous préoccupent tous.
Parmi les temps forts du FHA23, ne manquez pas la conférence inaugurale de Bas Smets et Valérie Trouet, la performance d’Anne Teresa de Keersmaeker, l’exposition de Luc Tuymans ou encore la rencontre avec Benoît Peeters. Comme chaque année, le château ouvrira gratuitement ses portes aux visiteurs pour des visites de ses salles, de ses jardins, ou de l’exposition d’art contemporain Grandeur nature dans le jardin anglais.
Parmi les premières manifestations culturelles à ouvrir la saison estivale, le festival se tient chaque année à Fontainebleau pendant le premier week-end du mois de juin.
Responsable scientifique : Veerle Thielemans (INHA).
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