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Conférence annuelle du comité ICMAH - 2026
La Conférence annuelle de l'ICMAH - Comité international pour les musées et collections d'archéologie et d'histoire de l'ICOM - se tiendra cette année à Zadar en Croatie sur le thème : Explorer les profondeurs - Le voyage inspirant de l'archéologie maritime. Préservation de la collection du patrimoine culturel sous-marin au sein des musées d'histoire et d'archéologie.
L’archéologie maritime joue un rôle vital dans la préservation et l’interprétation du patrimoine culturel subaquatique. En tant que gardiens de cet héritage, les musées d’histoire et d’archéologie sont essentiels pour sauvegarder et partager les artefacts culturels récupérés sur des épaves et des sites submergés, qui incluent d’anciens centres urbains et des ports de commerce. Ces institutions servent d’importants dépôts, favorisant l’engagement du public et l’appréciation des récits foisonnants cachés sous les profondeurs de l'océan.
Grâce à des fouilles minutieuses, une documentation méticuleuse et des techniques de conservation avancées, l’archéologie maritime aide à établir le lien entre les objets et leur contexte historique. Cette pratique offre non seulement un aperçu des réseaux commerciaux historiques et des pratiques culturelles, mais souligne également l’importance des divers sites submergés et des musées qui les étudient. Ces musées agissent comme des plateformes cruciales, exposant des preuves tangibles de l’histoire maritime tout en abordant les défis liés à l’accessibilité et à la participation du public.
La collaboration entre l’archéologie maritime et les musées représente un partenariat dynamique qui approfondit notre compréhension de l’histoire mondiale, rendant les trésors de notre patrimoine subaquatique accessibles à un public plus large.
À cet égard, le Comité international de l’ICOM pour les musées et collections d'archéologie et d'histoire (ICMAH) vous invite à participer à la conférence qui portera sur les thèmes suivants :
- Patrimoine culturel sous-marin et changement climatique,
- Conservation et gestion,
- Approches pour atténuer le pillage des sites du patrimoine culturel sous-marin,
- Technologie et innovation,
- Musées et engagement public,
- Navigation et commerce anciens.
Voir l'appel à communication complet est ci-contre.
Cet événement sera organisé en collaboration avec l’ICOM Croatie, le Centre international d'archéologie sous-marine (ICUA), le Musée du verre antique (MAS), le Musée archéologique de Zadar (AMZD), le Département d'archéologie de l'Université de Zadar (ZARH), et le Centre Camille Jullian (CCJ) — laboratoire du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS).

Actualités éditoriales
ICOM France partage les sorties éditoriales de ce début d'année !
Musée et écologie - Missions, engagements et pratiques

Direction Lucie Marinier, Aude Porcedda, Hélène Vassal
Avec le concours de Béatrice Roche et Elisa Leprat
Face à l’urgence climatique et à la multiplication des atteintes au vivant, les musées doivent dépasser l'injonction contradictoire : diminuer leur impact écologique tout en renforçant leur rôle social et culturel : mesurer, atténuer, s’adapter, se rediriger.
Cet ouvrage analyse cette tension, au croisement des recherches académiques, des savoir-faire professionnels et des engagements artistiques, scientifiques et citoyens. Réunissant plus de 80 contributrices et contributeurs (artistes, chercheur.euses, représentant.es de tous les métiers du musée : régie, conservation, médiation, administration, architecture, production....) de France mais aussi du Québec et de plusieurs autres pays, le livre donne à voir questionnements, innovations, retours d’expérience et outils visant à penser et mettre en œuvre l’écoconception du musée — depuis la conservation préventive jusqu’aux expositions, des récits artistiques aux méthodes collaboratives en passant par la scénographie et la médiation dans les musées d’art, de sciences, d’histoire, les écomusées, les musées de technique.
L'ouvrage sera disponible le 22 janvier 2026, et publié dans la collection Musées-Mondes à la La Documentation française.
Une table ronde sera consacrée à la présentation de l’ouvrage au salon Museum connection (Paris Expo - Porte de Versailles - Hall 5.2), le 14 janvier 2026, de 16h à 17h.
En savoir plus sur la table ronde
Préserver & Transmettre - Le patrimoine matériel

Direction Roland MAY
Édition scientifique Lorraine MAILHO
Fruit d’une collaboration entre plus de cinquante spécialistes — conservateurs, restaurateurs, scientifiques et responsables patrimoniaux — cet ouvrage dresse un panorama actualisé des principes, des méthodes et des enjeux de la conservation du patrimoine matériel.
Le livre revient sur l’évolution historique et théorique de la discipline, avant de présenter, dans une seconde partie, les matériaux et techniques des biens culturels : pierre, bois, béton, papier, métaux, textiles, photographies, collections naturalistes, terre, peintures, plastiques, verre… Vingt ans après le Précis de conservation préventive de la SFIIC, cette synthèse témoigne de l’évolution des pratiques et des savoirs, ainsi que de la nécessité de leur transmission, dans une démarche interdisciplinaire fondée sur la connaissance des matériaux.
Plus d'informations ci-contre.
Organisation
Conseil d’Administration
Le conseil d’administration d’ICOM France est composé de 16 membres élus et de 14 membres de droit. Il est représentatif de toute la profession, grands et petits établissements, nationaux et territoriaux, individus et associations de professionnels, acteurs de terrain et chercheurs.
Le 24 novembre 2025, sa composition a été modifiée : 8 nouveaux membres ont été élus pour un mandat de 6 ans.
Membres élus
- Françoise Adamsbaum - Musée international des Arts modestes - Sète
- Sandrine Beaujard-Vallet - Musée des Arts et Métiers- Paris
- Julie Bertrand - Paris Musées - Paris
- Nathalie Bondil - Institut du monde arabe - Paris
- Camille Broucke - Palais de la Porte dorée - musée national de l'histoire de l'immigration - Aquarium tropical - Paris
- Tony Fouyer - Musée et parc Buffon - Montbard
- Emilie Girard – Musées de la ville de Strasbourg
- Valérie Guillaume - Musée Carnavalet - Histoire de Paris & Crypte archéologique de l'Île de la Cité - Paris
- Anne-Sophie Grassin - Mac Val - Ivry-sur-Seine
- Laurence Isnard - Musée Pasteur - Paris
- Hélène Jagot - Musées et château de la ville de Tours
- Leïla Jarbouai - Musée d'Orsay - Paris
- Hélène Lafont-Couturier - Musée des Confluences - Lyon
- Mikaël Mohamed - Mucem - Marseille
- Jean-Michel Tobelem - Option Culture, études et recherches - Tours
- Hélène Vassal - Musée du Louvre - Paris
Membres de droit
Musées
- Paris Musées : Patricia Creveaux
- Musée du Louvre : Dominique de Font-Réaulx
- Centre national d’art et de culture Georges Pompidou : Xavier Bredin
- Universcience : Sophie Biecheler
- Musée du quai Branly Jacques-Chirac : Emmanuel Kasarhérou
- Muséum national d’Histoire naturelle : Emeline Parent
- Musée de l’air et de l’espace, musée de la Marine, musée de l’Armée : Anne-Catherine Robert-Hauglustaine
- Musée des Arts et Métiers : Michèle Antoine
Ministère de la culture
- Mission patrimoine mondial : Bruno Favel
- Service des Musées de France : Claire Chastanier
Associations représentant des professionnels des musées
- AGCCPF / Association générale des conservateurs des collections publiques de France : Rachel Suteau
- FFCR / Fédération française des professionnels de la conservation-restauration : Chloé Barle
- AMCSTI / Association des musées de la culture scientifique, technique et industrielle : Laure Danilo
- FEMS / Fédération des écomusées et des musées de société : Xavier de la Selle

Bureau exécutif d'ICOM France
Les membres du bureau exécutif ont été élus lors du conseil d'administration du 18 décembre 2025.
Emilie Girard - Présidente
Hélène Vassal - Vice-présidente
Hélène Jagot - Trésorière
Valérie Guillaume- Secrétaire

Contact - Adresse
ICOM France
16 rue Massenet - 75016 Paris
Téléphone : 01 42 61 32 02
Email
3ème journée d’étude du groupe Matériaux Modernes et Contemporains
Les collections modernes et contemporaines présentent une variété de matériaux et de biens qui nécessitent des approches communes ou spécifiques en matière de conservation, notamment préventive. Quelles initiatives institutionnelles, humaines et techniques sont imaginées ? Quels biens nécessitent des solutions spécifiques ? Comment les stratégies préventives peuvent-elles s'adapter ? Dans un contexte de sobriété énergétique et d’éco-conservation, comment interroger nos pratiques de conservation tout en maintenant l'intégrité des oeuvres ? Comment questionner nos actions en tenant compte de la matérialité ou l’immatérialité des oeuvres ?
Cette nouvelle journée du groupe Matériaux Modernes et Contemporains de la Sfiic, uniquement en présentiel, ambitionne d'aborder ces questions au travers des interventions ainsi qu’une table ronde.
Inscription obligatoire dans la limite des places disponibles avant le mardi 11 mars 2026.
MODALITÉS D’INSCRIPTION
- Vous êtes adhérent·e à la SFIIC ? Inscription obligatoire par mail : contact@sfiic.com (gratuit)
- Vous souhaitez adhérer à la SFIIC ? Formulaire en ligne disponible sur le site de la SFIIC puis, inscription obligatoire à la journée par mail : contact@sfiic.com (50€ pour les individuels / 10€ pour les étudiant ·es)
- Les institutions peuvent adhérer (250€ au bénéfice de 3 agent ·es de la structure)
- Vous n’êtes pas adhérent·e à la SFIIC ? Inscription via la billetterie (droits d’entrée à la journée d’études : 70€)
Voir le programme complet de la journée ci-contre.
Hospitalité, écologie des relations et de l’attention
À l’occasion de son 10e anniversaire, L’Art de la rencontre, en partenariat avec le musée Curie, interroge une thématique inspirante croisant sciences, patrimoines et santé : « Hospitalité, écologie des relations et de l’attention »
Depuis 2016, « L’Art de la rencontre » explore les multiples dimensions du dialogue entre médiateurs, chercheurs et publics. Dix années d’échanges, de débats et d’expérimentations ont permis de questionner les postures professionnelles, d’inventer de nouvelles pratiques et de nourrir une mémoire collective vivante. En 2026, à l’occasion de leur dixième anniversaire, ces rencontres poursuivent leur cheminement autour d’une thématique centrale : « Hospitalité, écologie des relations et de l’attention ».
Cette orientation s’inscrit pleinement dans une réflexion sur la santé, entendue dans sa dimension globale, physique, environnementale, sociale et mentale. En effet, musées, centres de sciences et établissements d’enseignement supérieur et de recherche fonctionnent comme de véritables écosystèmes vivants, où hospitalité, attention et qualité des relations constituent des ressources essentielles au bien-être collectif. Ces institutions, par leurs pratiques, ne se limitent pas à transmettre des connaissances ; elles contribuent à soigner le lien social, à prévenir l’isolement, à renforcer la confiance et à soutenir une santé durable, conçue comme l’équilibre entre les individus, les communautés et leur environnement.
Au cœur de cette démarche se trouve l’idée d’une alliance de médiation, inspirée de l’alliance thérapeutique : une relation de confiance, de coopération et de réciprocité entre institutions, médiateurs et publics. Cette alliance devient un cadre partagé qui favorise l’écoute, l’engagement et la co-construction, condition indispensable pour transformer les vulnérabilités en ressources collectives.
Cette rencontre marquera une étape importante : célébrer dix années d’expérimentations et de dialogues, tout en affirmant une nouvelle orientation fondée sur l’hospitalité, le soin apporté aux relations et la durabilité des liens. Une manière d’accorder de l’attention à nos écosystèmes, par une véritable écologie de la relation et une alliance de médiation.
Destinataires
Toute personne intéressée par les pratiques de médiation, la rencontre avec les publics et le dialogue entre la science et la société.
Informations complémentaires
Participation gratuite sous réserve d’inscription et de place disponible.
Journées internationales des demeures historiques
La seconde édition des journées internationales des demeures historiques se tiendra les 19 et 20 avril 2026
Cet événement international est organisé conjointement par les Comités internationaux ICOM DEMHIST et ICOM ICLCM, en collaboration avec ICOM Italie et l’Associazione Nazionale Case della Memoria. Il vise à valoriser les demeures historiques et les musées de maisons à travers le monde, en encourageant l’organisation d’activités spécifiques (visites, expositions, médiations, événements culturels, etc.), répertoriées sur une carte interactive mondiale.
Les institutions participantes sont invitées à enregistrer leurs activités via le formulaire d’inscription disponible en quatre langues (français, anglais, espagnol et italien) jusqu’au 20 mars 2026.
Les participants inscrits recevront également un kit de communication pour les réseaux sociaux.

Traitement anoxique des œuvres d'art
ICOM France relaie la décision du ministère de la Transition écologique du 21/01/2026 relative à la mise à disposition sur le marché du produit biocide : Générateur d'azote in-situ.
La mise à disposition sur le marché de ce produit biocide est autorisée en France pour les usages et dans les conditions précisées en annexe de la décision relayée ci-contre.
Les annexes contiennent un résumé des caractéristiques du produit, sa composition et ses usages autorisés.
Perspectives et défis de l'accessibilité, de la diversité et de l'équité au musée
La conférence annuelle d’ICOM MUSIC, organisée du 30 août au 1er septembre 2023 au Pays-Bas, avait pour thème : « Perspectives et défis de l'accessibilité, de la diversité et de l'équité au musée ».
Retrouvez les actes de cette rencontre ci-contre.

La transition écologique au cœur des politiques du ministère de la Culture
La transition écologique au cœur des politiques du ministère de la Culture
Depuis plusieurs années, le secteur culturel s'est résolument engagé dans une mutation écoresponsable. En cette fin d'année 2024, Karine Duquesnoy, haute fonctionnaire à la transition écologique et au développement durable du ministère de la Culture, propose de faire le point sur les actions menées par le ministère en faveur de la transition environnementale. Cette séance a été l'occasion de présenter les outils mis à disposition des acteurs du secteur muséal, telle la boussole écologique de la culture BouTure, ou des dispositifs légaux qui peuvent être utilisés par les musées (décret Tertiaire)...
La séance a été modérée par Laure Ménétrier, secrétaire d'ICOM France.
Revoir la séance
Qui est Karine Duquesnoy ?
Haute fonctionnaire à la transition écologique et au développement durable du ministère de la Culture depuis 2023, Karine Duquesnoy a occupé de multiples postes au ministère de la Culture (directrice régionale adjointe des affaires culturelles d'île de France ; conseillère sociale et chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes du cabinet de la ministre Audrey Azoulay...)

Climatisation et hygrométrie : les musées ne sont pas neutres
ICOM France relaie l'article intitulé « Climatisation et hygrométrie : les musées ne sont pas neutres », paru dans l'édition du 30 janvier 2026 de la revue L'Hebdo du Quotidien de l’art (p. 6-12).
Signée par Jade Pillaudin et Marine Vazzoler, cette enquête interroge les implications techniques et déontologiques des normes environnementales en vigueur au sein des institutions patrimoniales.
Le dossier met particulièrement en lumière le projet « Prenons le contrôle du climat ! », programme de formation et d’expérimentation initié par ICOM France en 2024.
À cette occasion, l'article donne la parole à Camilla Schianchi, doctorante Cifre au sein d'ICOM France et coordinatrice du projet. Elle expose la nécessité d'ajuster les pratiques de conservation préventive aux impératifs climatiques actuels selon une approche transversale à l’échelle de tous les acteurs du musée, dépassant le seul cadre de la conservation. L'analyse est complétée par les retours d'expérience d'institutions partenaires engagées dans ce programme, tel que le Petit Palais à Paris, musée d’histoire de Nantes - Château des ducs de Bretagne et le musée Tomi Ungerer à Strasbourg.
Climatisation et hygrométrie : les musées ne sont pas neutres
Confronté à l’urgence environnementale, le monde des musées remet en question l’un de ses standards les plus ancrés : la climatisation des espaces d’exposition et réserves. Héritées de normes anciennes, les exigences de température et d’hygrométrie pèsent lourdement sur la consommation énergétique, poussant certaines institutions à explorer des pratiques plus sobres et plus adaptées à leur climat local.
En 2019, l’ancienne présidente de l’ICOM Suay Aksoy introduisait la conférence annuelle « Le musée d’art du XXIe siècle : le contexte fait-il tout ? » en prononçant un important discours. « Les musées ne sont pas neutres », affirmait-elle. « Ils ne l’ont jamais été et ne le seront jamais. Ils ne sont pas séparés de leur contexte social et historique. Et lorsqu’ils semblent l’être, ce n’est pas de la neutralité, mais un choix. Choisir de ne pas aborder le changement climatique n’est pas de la neutralité. […] Ce sont des choix, et nous pouvons faire mieux. » En France, comme à l’international, nombreux sont les musées à s’être emparés du sujet de l’écologie et du développement durable. Pour autant, réduire l’empreinte carbone d’un musée et tenter de le rendre plus responsable est-il toujours compatible avec les missions de conservation des œuvres et artefacts dont il est le gardien ? À ce sujet, un domaine suscite de nombreuses réflexions : celui de la conservation préventive des œuvres, en particulier le contrôle du climat et de l’humidité dans les salles d’exposition et les réserves.
La fin d’une norme unique ?
Établies à partir des observations formulées en 1978 par Garry Thomson dans le cadre de la publication The Museum Environment, les normes de conservations relatives au contrôle du climat préconisées par le conservateur prévalent encore aujourd’hui dans les musées. Ainsi, sa recommandation est la suivante : pour la sécurité des collections, l’humidité relative intérieure doit osciller entre 40 et 65 %. « Il a également prédit avec justesse une tendance – fortement influencée par les activités de prêts d’œuvres – vers des valeurs moyennes de 50 % ou 55 % d’humidité relative », explique Amanda Pagliarino, conservatrice de la Queensland Art Gallery | Gallery of Modern Art de Brisbane (Australie) et chercheuse rattachée au Jameel Arts Centre. Au fil du temps, ces valeurs ont été intégrées dans les négociations et les accords de prêt (avec une fourchette de plus ou moins 5 %). Et Amanda Pagliarino de continuer : « Finalement, le secteur muséal a tacitement adopté une norme unique, appelée tantôt règle 50/70 (50 % d’humidité relative/70 °F, soit 21,1 °C, ndlr), tantôt classe 1, pour le contrôle de la température et de l’humidité relative. » Mais si la conformité en matière de contrôle du climat et une approche collective de la conservation des collections ont simplifié la collaboration de nombreux musées les uns avec les autres, cela complique aussi largement les affaires d’établissements situés en zones arides ou humides : ils tentent, en effet, de se conformer à une norme pensée et centrée sur des zones tempérées. « L’objectif de la climatisation dans les climats chauds et secs est de refroidir l’air et d’ajouter un peu d’humidité, tandis que dans les climats humides, c’est de refroidir et de réduire l’humidité de l’air, détaille Amanda Pagliarino. Le refroidissement et l’humidification de l’air consomment beaucoup d’énergie, mais la déshumidification de l’air chaud et humide est encore plus énergivore. Si un musée situé dans une région aride ou humide tente de contrôler la température et l’humidité relative afin d’obtenir des conditions tempérées, sa consommation d’énergie sera très élevée et le système aura du mal à atteindre et à maintenir des conditions stables et continues. » Ainsi, la climatisation des musées – quand elle est constituée de systèmes mécaniques qui contrôlent la température et l’humidité – fonctionne de manière plus efficace lorsqu’elle est adaptée aux conditions ambiantes locales : les normes conçues pour des musées établis dans des zones tempérées demandent aux institutions installées dans des régions non tempérées des systèmes de climatisation de précision très coûteux et exigent souvent qu’ils fonctionnent à plein régime. Alors, comment faire ? Et comment adapter les normes aux cas particuliers ? Les musées pionniers de cette malléabilité climatique ont-ils des difficultés à obtenir des prêts d’œuvres pour leurs expositions ? Pas le moins du monde, nous affirme-t-on au musée Guggenheim de Bilbao : « À ce jour, les paramètres environnementaux actualisés n’ont pas eu d’incidence sur la capacité du musée à emprunter des œuvres. Les institutions partenaires acceptent généralement nos normes, et l’adoption de plages plus souples n’a jamais empêché l’organisation d’une exposition ni limité son contenu. Si des questions ou des hésitations peuvent parfois surgir au départ, le musée fournit des données environnementales détaillées, des registres de surveillance et des explications techniques claires. »
« L’objectif de la climatisation dans les climats chauds et secs est de refroidir l’air et d’ajouter un peu d’humidité, tandis que dans les climats humides, c’est de refroidir et de réduire l’humidité de l’air. »
Amanda Pagliarino, conservatrice de la queensland art gallery | gallery of modern art de brisbane (australie) et chercheuse rattachée au jameel arts centre.
En France, « Prenons le contrôle du climat ! » fait ses gammes
Rompant avec le consensus international de la conservation des œuvres à 20 °C et 50 % d’humidité relative, le Bizot Green Protocol (né en 2012 et mis à jour en 2023) a recommandé aux musées du monde entier de se référer à des paramètres tels que le climat local, l’étanchéité du bâtiment (notamment en matière d’isolation thermique et d’humidité), le fonctionnement des systèmes de ventilation et le stockage des collections pour développer leurs propres modalités de contrôle climatique. « Actuellement, les musées qui veulent faire bouger les lignes procèdent par tâtonnements », relève Camilla Schianchi, chercheuse et coordinatrice des projets de durabilité à l’ICOM France. Engagée dans le mouvement de transition énergétique, l’organisation a lancé en 2024 « Prenons le contrôle du climat ! », un programme de formation et d’expérimentation réunissant dix musées de l’Hexagone et des Outre-mer. Celui-ci est soutenu par l’État dans le cadre du dispositif « Soutenir les alternatives vertes 2 » de France 2030. Pour mener à bien ce projet de trois ans, Camilla Schianchi a sélectionné un échantillon représentatif de différentes typologies muséales. On y retrouve le palais des Beaux-Arts de Lille, le Mucem de Marseille, le musée du quai Branly, le musée des Confluences de Lyon ou encore le musée Edgar Clerc du Moule, en Guadeloupe. Les participants ont, dès 2024, bénéficié de formations de ki futures, association spécialisée dans le développement durable dans les musées. Les années 2025 et 2026 ont vu les institutions conduire leurs premières expérimentations, et 2027 sera consacrée à la rédaction de livrables sous forme de cas d’études, consultables par tout musée intéressé par la démarche. Pas seulement technique, le processus de surveillance climatique exige une sollicitation de tous les départements : conservateurs, régisseurs, techniciens d’entretien, agents de surveillance et administrations doivent travailler en transversalité. « Si on aborde le contrôle du climat seulement du point de vue de la conservation, c’est très limitant : nous constatons que beaucoup de points de blocage sont dans les dynamiques humaines de réputation, de diplomatie entre institutions, de prêts et de collaboration », note Camilla Schianchi.
« Actuellement, les musées qui veulent faire bouger les lignes procèdent par tâtonnements. »
Camilla Schianchi, chercheuse et coordinatrice des projets de durabilité à l'ICOM FRANCE.
Faire émerger des dynamiques de réseau
« “Prenons le contrôle du climat !” est un projet qui emporte l’adhésion, car il génère des actions concrètes et impactantes. »
Raphaëlle Ziadé, conservatrice des collections byzantines, médiévales et islamiques du petit palais.
« Prenons le contrôle du climat ! » espère inspirer des dynamiques de réseaux, en comptant parmi ses acteurs Paris Musées et le musée Tomi Ungerer - Centre international de l’illustration, membre des onze musées municipaux de Strasbourg. « C’est un projet qui emporte l’adhésion, car il génère des actions concrètes et impactantes », appuie Raphaëlle Ziadé, conservatrice des collections byzantines, médiévales et islamiques du Petit Palais. L’institution a engagé une phase de test de ses collections permanentes, en élargissant sa fourchette de consignes climatiques. « Des œuvres de différentes techniques (huiles sur bois et sur toile, cire, œuvres composites) ont été choisies pour être observées tout au long de l’année. Des constats mensuels détaillés sont dressés par les conservatrices en charge de ces collections sur une période d’un an », détaille Raphaëlle Ziadé. À Strasbourg, la conservatrice Anna Sailer, responsable du musée Tomi Ungerer, a fixé un objectif à son équipe : faire de la jeune institution – elle a ouvert en 2007 – une référence pour les collections d’art graphique, dont les matériaux sont particulièrement sensibles à la lumière et aux variations de température. « Il existe dans le réseau des musées de Strasbourg une forte volonté de faire évoluer les pratiques professionnelles, appuie Anna Sailer. Mais les différents départements ont rapidement dû identifier des marges de manœuvre qui ne soient pas liées aux contraintes budgétaires. » Le musée a pu compter sur la bonne inertie de son écrin de 1884, la villa Greiner, pour mettre en place des coupures nocturnes de sa ventilation. Celles-ci permettent de vérifier si le bâtiment, alimenté par une seule centrale de traitement d’air, conserve suffisamment longtemps sa température en période de canicule ou de grand froid. « Si nous attendons l’été pour mener de nouveaux tests, nous sommes déjà positivement surpris par l’important effet tampon produit par nos vitrines murales », note Anna Sailer. Un constat similaire a été effectué au château des ducs de Bretagne à Nantes ses conservateurs ont eux aussi réalisé des coupures nocturnes de trois à cinq heures, afin de contrôler l’état de conservation des œuvres témoins le matin suivant. « Les premières expérimentations laissent à penser que la majorité des œuvres supporte très bien ces variations », note Anne Bouillé, responsable du service conservation du musée. Si, pour cette dernière, « Prenons le contrôle du climat ! » est particulièrement enthousiasmant, « le temps reste la contrainte principale, car même en dédiant une partie du temps de travail d’une régisseuse des collections au projet, les délais et les attentes s’ajoutent à nos emplois du temps déjà bien denses ».
« Il existe dans le réseau des musées de Strasbourg une forte volonté de faire évoluer les pratiques professionnelles. Mais les différents départements ont rapidement dû identifier des marges de manœuvre qui ne soient pas liées aux contraintes budgétaires. »
Anna Sailer, responsable du musée tomi ungerer, strasbourg.
EPICO, un modèle de collaboration internationale pour les demeures historiques
Dans le domaine patrimonial, la conservation préventive est devenue un enjeu de plus en plus pressant : un nombre grandissant d’institutions note une augmentation de la présence des moisissures et des insectes nuisibles dans leurs bâtiments. Depuis une dizaine d’années déjà, des demeures historiques européennes s’activent à former des réseaux axés sur l’expérimentation et le partage de connaissances. Phare du mouvement, le programme EPICO (European Protocol in Preventive Conservation) soutenu par le ministère de la Culture français, implique en 2026 treize institutions de cinq pays européens (le palais Pitti de Florence, le château de Sanssouci de Potsdam, les châteaux de Maintenon et Fontainebleau…) en lien avec le laboratoire SATIE de CY Université. Danilo Forleo, régisseur chargé de la conservation préventive des collections et des décors du domaine de Versailles, en est à l’origine. « Les grands travaux de restauration, comme cela a été le cas pour Versailles en 2015, nous ont fait prendre conscience de nouvelles problématiques urgentes, directement attribuables au climat. » Sous la houlette du château, les protagonistes d’EPICO ont créé une base de données de 1 270 œuvres et objets, riche de 6 600 relevés scientifiques témoignant d’altérations liées au changement climatique. Construit à partir d’une méthode épidémiologique, cet échantillonnage a permis de déterminer les faiblesses et risques auxquels étaient confrontées les collections. « Comparer des méthodes déjà existantes et développer de nouveaux protocoles paraissait une montagne au début, reconnaît Danilo Forleo. Les demeures historiques doivent composer avec le fait qu’elles ne peuvent pas mettre en place n’importe quel type de dispositif technique, car nous devons conserver “l’esprit des lieux”. » Ces contraintes ont poussé les équipes des différentes institutions à allier méthodes traditionnelles et nouvelles technologies. Ainsi, au sein d’EPICO, 150 professionnels expérimentent une variété de techniques de conservation en conditions naturelles. « En matière de régulation de la température à Versailles, nous avons été bluffés par une méthode toute simple : l’association de différentes couches de rideaux, sous-rideaux et de voilages, qui permettent d’identifier une différence de 10 °C entre la surface vitrée et les valeurs ambiantes dans la pièce concernée. Dans le cas du domaine de Sintra au Portugal, particulièrement exposé à des conditions d’humidité élevée, nous avons constaté que la méthode du trou de buée (un conduit de petit diamètre ménagé dans la pièce d’appui d’une fenêtre pour évacuer à l’extérieur l’eau de condensation, ndlr) était une solution historique efficace en compléments des déshumidificateurs d’air, entrainant des surcoûts électriques. » Ces années de recherches doivent aboutir à la publication d’une base de données climatique en ligne, et à un outil d’analyse, d’aide à la prise de décision, accessible à tous les musées européens. « Pour y parvenir, nous devons conduire de nouvelles expérimentations, mais aussi composer avec des enjeux d’ingénierie numérique liés à la construction du Cloud européen », ajoute Danilo Forleo.
« Les demeures historiques doivent composer avec le fait qu’elles ne peuvent pas mettre en place n’importe quel type de dispositif technique, car nous devons conserver “l’esprit des lieux”. »
Danilo Forleo, régisseur chargé de la conservation préventive des collections et des décors du domaine de versailles.
Réduire la consommation d’énergie
À Brisbane comme à Bilbao, la Queensland Art Gallery | Gallery of Modern Art et le Guggenheim réfléchissent depuis plusieurs années à la gestion de leur énergie et de leurs ressources. Ainsi, l’établissement australien a adapté sa climatisation intérieure au climat subtropical de la région où il est installé. « On est passés d’une plage de contrôle étroite de 20 à 22 °C et de 50 à 60 % d’humidité relative à une plage plus large de 18 à 23 °C et de 45 à 65 % d’humidité relative. Ce changement s’est appuyé sur une étude pilote, une évaluation des risques liés à la conservation des collections et une connaissance approfondie de la conservation des collections. Il a permis de réduire considérablement la consommation d’énergie », explique Amanda Pagliarino. Au Guggenheim de Bilbao, la réflexion autour de meilleures pratiques environnementales a pris la forme d’un groupe de travail transversal impliquant tous les corps de métier du musée (exposition, boutique, transport…). « Nous avons mis en place une série de critères qui a engendré un processus positif de réduction de notre empreinte carbone et souhaitons promouvoir une gestion des collections respectueuse de l’environnement », rapporte le conservateur Manuel Cirauqui. Ici aussi, le réseau est un outil essentiel. Ainsi, le musée collabore avec l’ARMICE (Agrupación de Registros de Museos e Instituciones Culturales Españolas), l’ARCS (Association of Registrars and Collection Specialists) et partage ses connaissances et pratiques durables avec des groupes de conservateurs européens et mexicains. Ces réflexions sur le contrôle de l’humidité et du climat résonnent d’ailleurs particulièrement avec l’exposition Artes de la Terra, qui court jusqu’au 3 mai dans le musée bilbayen. Gargantuesque, l’exposition se déploie sur trois niveaux et convoque de très nombreux artistes de générations différentes, qui, tous, se sont demandés comment travailler la terre alors qu’elle a besoin d’une attention, d’un soin particulier. « Comment s’adapte-t-on au bien-être des œuvres qui sont elles-mêmes des êtres vivants ? Comment maintenir le processus de croissance du gazon de Hans Haacke ? », demande Manuel Cirauqui, avant de détailler : « Dans certains de nos espaces d’exposition, le niveau de climat et d’humidité est adaptable et nous pouvons moduler la circulation de l’air. » Pensé par Frank Gehry, le musée a cette particularité d’avoir un système de climatisation intégré qui fait circuler la même masse d’air dans tout le bâtiment, mais, si ce mécanisme rend le niveau d’humidité très stable, il peut aussi favoriser la contamination des œuvres les unes entre les autres. Ainsi, l’œuvre Sorcière de Delcy Morelos, constituée de terre et de boue, a été installée dans une galerie possédant son propre système de climatisation. « Les galeries qui exposent des œuvres faites d’éléments volatils sont agrémentées de conduits dirigés directement vers l’extérieur du musée. Cela permet de montrer une œuvre sans mettre les autres en danger », continue le conservateur. Et depuis que le musée a mis en place de nouvelles normes de température et d’humidité adaptées au climat local en 2022, sa facture énergétique a été réduite de près de 20 000 euros par mois, rapporte The Art Newspaper. Preuve qu’investir dans l’écologie peut être rentable à l’heure où, en France, plusieurs guichets nationaux de financement des initiatives écologiques dans la culture ont été fermés. Les œuvres, quant à elles, ne souffrent pas de ces nouvelles normes, nous explique le musée Guggenheim, qui n’a constaté aucune dégradation de leur état. Manuel Cirauqui, lui, va encore plus loin dans sa réflexion, puisqu’il se demande dans quelle mesure on a besoin de garder des œuvres à jamais. « Ce sujet pose la question de la nature même du musée, ajoute-t-il. Comment ne pas tomber dans la pure accumulation et la dépenser énergétique outrancière ? ».