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À quoi ressemblent les musées nés à l’aube du deuxième quart du XXIᵉ siècle ?
À quoi ressemblent les musées nés au cours du deuxième quart du XXIe siècle ?
À un moment où le paysage muséal mondial connaît une profonde transformation, ICOM Europe, en collaboration avec ICOFOM, ICOM France et France Muséums, a organisé un symposium international d'une journée complète le 10 novembre 2025 au Louvre Abu Dhabi.
Cet événement spécial, organisé dans le cadre de la 27e Conférence Générale de l'ICOM à Dubaï, fut dédié à l'exploration de la manière dont les nouveaux musées conçus au début du XXIe siècle redéfinissent le rôle, la forme et l'éthique de l'institution muséale. La conférence a réuni des conservateurs, des directeurs et des chercheurs de toutes les régions du monde pour examiner comment les musées sont remodelés en réponse aux crises climatiques et sociales, aux évolutions technologiques et aux attentes changeantes en matière d'engagement du public.
Alors que le musée du XXIe siècle émerge à la fois comme un lieu de conservation et de valorisation du patrimoine, un acteur civique et un site d'innovation, l'événement a visé à identifier et à comparer diverses approches professionnelles, en se concentrant sur de nouveaux modèles de participation, de durabilité et de dialogue interculturel. La conférence a abordé une question centrale : « À quoi ressemblent les musées nés à l'aube du deuxième quart du XXIe siècle ? » en examinant des exemples récents de musées nouveaux ou transformés à travers les continents. Les discussions ont exploré comment les institutions se redéfinissent en tant que lieux de collections et espaces de participation civique, de développement durable et de connexion interculturelle.
L'initiative s'appuie sur le travail récent de l'ICOM pour redéfinir le musée et réviser son Code de déontologie, offrant une réflexion sur la manière dont ces principes sont appliqués dans la pratique.
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Aider à façonner l’avenir des Listes Rouges de l’ICOM
L’ICOM lance une enquête pour aider à façonner l’avenir des Listes Rouges de l’ICOM
À l’occasion du 25e anniversaire des Listes Rouges, le département de protection du patrimoine du secrétariat de l’ICOM a lancé une enquête afin de mesurer l’impact de ces outils. L’ICOM souhaite mieux comprendre comment ces outils sont utilisés, par qui, et façonner leur futur, y compris dans le domaine numérique.
Que vous ayez utilisé une ou plusieurs fois une Liste Rouge, ou que vous ayez participé à leur création, votre avis nous intéresse. L’enquête prendra entre 10 et 15 minutes. La date limite pour répondre est fixée au 10 novembre 2025.
L'Écologie culturelle : l'écologie autrement
Rencontre : L' Écologie culturelle : l'écologie autrement et les Maisons de l'Écologie culturelle
Retrouvez la vidéo de la rencontre du 30 octobre 2025 dédiée à l'écologie culturelle et aux Maisons de l'Écologie culturelle.
Cette séance, modérée par Émilie Girard, donne la parole à Patrick Scheyder, cofondateur de l'Écologie culturelle.
La culture est bien plus large que l'art : elle nous relie à notre histoire commune, à nos milieux, au patrimoine et aux héritages, à notre identité... Face aux conséquences du dérèglement climatique, elle peut aujourd'hui constituer un puissant levier pour fédérer les écosystèmes d'acteurs publics. Nous avons aujourd'hui besoin de nous outiller pour mener une redirection écologique par la voie culturelle. L’Écologie culturelle a été pionnière dans l'exploration de ces méthodes et dans leur mobilisation, à travers un réseau unique de Maisons de l'Écologie culturelle sur l'ensemble des territoires français.
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La politique d'accessibilité du musée Carnavalet - Histoire de Paris
La politique d'accessibilité du musée Carnavalet - Histoire de Paris
Valérie Guillaume, directrice du musée Carnavalet - Histoire de Paris, et Noémie Giard, responsable du service des publics du musée, viendront échanger avec nous le 27 novembre prochain à 12h30, dans notre cycle : Les 52 minutes d'ICOM France. La rencontre se tiendra en ligne.
Le musée Carnavalet – Histoire de Paris est le plus ancien musée de la Ville de Paris. Ses collections retracent l’histoire de Paris, de la préhistoire à nos jours. À l’occasion de sa rénovation entre 2016 et 2021, un important travail collectif, fondé sur une démarche de conception universelle, a été mené pour le rendre plus accessible à tous les publics. L’ensemble de la médiation présente aujourd'hui dans le parcours constitue ainsi un socle commun, partagé par tous, sur lequel peut continuer à se développer une politique d'accessibilité ambitieuse.
La séance sera modérée par Émilie Girard, présidente d'ICOM France.
Modalités de connexion
Rejoindre la séance
ID de réunion: 871 5453 5173
Code secret: 121751
Qui est Valérie Guillaume ?
Valérie Guillaume a dirigé plusieurs départements de collections au sein de musées territoriaux et nationaux. Elle a notamment été conservatrice et cheffe du service de Prospective Industrielle du Centre Pompidou. En décembre 2013, elle est nommée directrice du musée Carnavalet - Histoire de Paris. Depuis sa réouverture en juin 2021, le musée parisien présente une médiation entièrement renouvelée et a accueilli plus de 2 millions de visiteurs.
Qui est Noémie Giard ?
Responsable du service des publics du musée Carnavalet - Histoire de Paris depuis 2014, Noémie Giard a participé au grand projet de rénovation qui a notamment permis, sous la direction de Valérie Guillaume, de rendre le musée plus accessible à tous les publics. Depuis la réouverture, elle travaille, avec son équipe et en lien avec les différents services du musée et de Paris Musées, à la définition et à la mise en œuvre de la politique des publics de l’établissement.
Le musée Carnavalet - Histoire de Paris, qui gère également la crypte archéologique de l’île de la Cité, fait partie de l’Établissement Public Paris Musées.

Les musées ne sont ni des bastions ni des coffres-forts
ICOM France, en la personne de sa présidente, Emilie Girard, est signataire de la tribune de soutien de responsables d’institutions muséales à l’égard de leurs collègues du musée du Louvre suite au cambriolage du 19 octobre 2025.
Directeurs d’institutions et professionnels des musées à travers le monde, exprimons notre soutien au Louvre après le vol commis au musée le dimanche 19 octobre 2025. Cet acte nous a profondément bouleversés.
Nos institutions ne sont pas épargnées par la brutalité du monde. Elles font aujourd’hui face à des actes de plus en plus violents. Ce qui est arrivé au Louvre est l’une des plus grandes craintes des professionnels de musée. Certains parmi nous l’ont déjà vécu. Ces risques pèsent sur chacune de nos institutions. Ils pèsent sur chaque œuvre dès lors qu’elle est exposée.
Les musées sont des lieux de transmission et d’émerveillement : ils offrent à leurs visiteurs des moments de plaisir et de contemplation. Ils nous permettent d’apprendre du passé, d’éclairer le présent, de dialoguer intimement avec les chefs-d’œuvre qu’ils conservent. Ils nous permettent de regarder le monde différemment.
Les musées ne sont ni des bastions ni des coffres-forts secrets. Leur essence, tout en garantissant un environnement sûr pour l’art et ses publics, réside dans leur ouverture et leur accessibilité.
Dans ce moment difficile et cette épreuve pour le Louvre, nous exprimons notre soutien le plus sincère à nos collègues, ainsi qu’à sa présidente-directrice, Laurence des Cars, dont le
leadership et le dévouement envers la mission du musée, notamment comme lieu fédérateur dans nos sociétés si fracturées, sont profondément respectés et admirés.
Avec ce vol, ce n’est pas seulement le Louvre qui est attaqué mais les musées eux-mêmes, dans leur mission la plus fondamentale : partager au plus grand nombre l’héritage commun de notre humanité. Cette mission, nous continuerons ensemble à la porter, avec ardeur et détermination, aux côtés du Musée du Louvre.
Signataires
- Prof. Marion Ackermann, présidente du Stiftung Preußischer Kulturbesitz (Berlin)
- Stéphane Aquin, directeur général du Musée des beaux-arts de Montréal
- Maria Balshaw, directrice de la Tate (Londres)
- Sophie Barthelémy, directrice du Musée des beaux-Arts de Bordeaux
- Claire Bernardi, directrice du Musée national de l’Orangerie (Paris)
- Francesca Cappelletti, directrice générale de la Galleria Borghese (Rome)
- Christophe Cherix, directeur du Museum of Modern Art (New York)
- Pierre-Olivier Costa, président du MuCEM (Marseille)
- Nicholas Cullinan, directeur du British Museum (Londres)
- Cécile Debray, présidente du Musée national Picasso-Paris
- Ann Demeester, directrice du Kunsthaus Zürich
- Taco Dibbits, directeur général du Rijksmuseum (Amsterdam)
- Tony Ellwood, directeur de la National Gallery of Victoria (Melbourne, Australie)
- Miguel Falomir, directeur du Musée national du Prado (Madrid)
- Kaywin Feldman, directrice de la National Gallery of Art (Washington)
- Gabriele Finaldi, directeur de la National Gallery (Londres)
- Jonathan Fine, directeur général du KHM-Museumsverband (Vienne)
- Didier Fusillier, président du Grand Palais (Paris)
- Bénédicte Gady, directrice du Musée des arts décoratifs et du Musée Nissim de Camondo (Paris)
- Emilie Girard, présidente du comité français du Conseil international des musées (ICOM France - Paris)
- Emilie Gordenker, directrice générale du Van Gogh Museum (Amsterdam)
- Michael Govan, directeur du Los Angeles County Museum of Art
- Fabrice Hergott, directeur du Musée d’art moderne de Paris
- Maja Hoffmann, présidente de la Fondation LUMA et de la Fondation Vincent Van Gogh (Arles, Bouches-du-Rhône)
- Max Hollein, directeur et PDG du Metropolitan Museum of Art (New York)
- Tristram Hunt, directeur du Victoria and Albert Museum (Londres)
- Stephan Jost, directeur et PDG de l’Art Gallery of Ontario (Toronto)
- Emmanuel Kasarherou, président du Musée du quai Branly-Jacques-Chirac ; Mami Kataoka, directrice du Mori Art Museum (Tokyo)
- Alicja Knast, directrice générale de la National Gallery (Prague)
- Marie-Christine Labourdette, présidente du château de Fontainebleau
- Marie Lavandier, présidente du Centre des monuments nationaux ; Laurent Le Bon, président du Centre Pompidou (Paris)
- Annick Lemoine, directrice du Petit Palais, Musée des beaux-arts de la Ville de Paris
- Christophe Leribault, président du château de Versailles
- Sharon Lerner, directrice du Museo de arte de Lima
- Sophie-Justine Lieber, directrice générale des Arts décoratifs (Paris)
- Yannick Lintz, présidente du Musée national des arts asiatiques-Guimet (Paris)
- Sabyasachi Mukherjee, directeur général du Chhatrapati Shivaji Maharaj Vastu Sangrahalaya (Bombay, Inde)
- Suzanne Pagé, directrice artistique de la Fondation Louis Vuitton (Paris)
- Gilles Pécout, président de la Bibliothèque nationale de France (Paris)
- Adriano Pedrosa, directeur artistique du Museu de arte de Sao Paulo (Brésil)
- Timothy Potts, directeur du J. Paul Getty Museum (Los Angeles)
- Manuel Rabaté, directeur du Louvre Abu Dhabi
- Suhanya Raffel, directrice du M + (Hongkong)
- Sylvie Ramond, directrice générale du pôle des musées d’art MBA |MAC Lyon, directrice du Musée des beaux-arts de Lyon
- James Rondeau, directeur de l’Institut d’art de Chicago
- Antonio Saborit, directeur du Museo nacional de antropología (Mexico)
- Pepe Serra, directeur du Museu nacional d’art de Catalunya (Barcelone)
- Amélie Simier, directrice du Musée Rodin (Paris)
- Juliette Singer, directrice du Palais des beaux-arts de Lille
- Sasha Suda, directrice du Philadelphia Museum of Art
- Eugene Tan, directeur et président de la National Gallery Singapore et du Singapore Art Museum
- Annabelle Ténèze, directrice du Louvre-Lens
- Gary Tinterow, directeur du Museum of Fine Arts (Houston)
- Poul Erik Tojner, directeur du Louisiana Museum of Modern Art (Humlebaek, Danemark)
- Mariët Westermann, directrice et PDG du Musée et de la Fondation Solomon R. Guggenheim (New York)
- ...
Défis professionnels contemporains dans les musées
L’ICOM prépare un numéro de Museum International sur le thème « Défis professionnels contemporains dans les musées : conditions de travail et dilemmes éthiques » (Vol. 77, n° 306-307).
Tous les résumés d’articles que nous recevrons seront évalués et sélectionnés suivant un processus de relecture anonyme par des pairs.
Le numéro devrait être publié en décembre 2026, en collaboration avec Taylor&Francis/Routledge.
Date limite d’envoi : 5 janvier 2026
Les visiteurs et les travailleurs des musées considèrent ces derniers comme des « espaces sûrs pour les idées en danger » (Heumann Gurian, 2006). À tel point qu’en 2022, après de nombreuses consultations et délibérations, l’ICOM a mis à jour sa définition du musée afin d’y inclure la notion selon laquelle les musées ont la responsabilité de « promouvoir la diversité et la durabilité ». Ces termes reconnaissent explicitement l’importance de la représentation sociale et du pluralisme et soulignent également l’urgence de la crise climatique actuelle et la nécessité de changer nos modes de vie. Les musées portent ainsi le poids de nos histoires communes et nous permettent d’aborder des thèmes qui nous encouragent à penser différemment.
Les professionnels des musées sont aujourd’hui confrontés à des défis, voire à des menaces, qui compromettent le bon déroulement de leur travail et les valeurs qu’ils défendent. Les effets persistants de la crise provoquée par la pandémie de Covid-19, les guerres, les disparités économiques croissantes et les régimes autoritaires qui considèrent les principes défendus par les musées comme « politiquement corrects », « ultra-libéraux » et un gaspillage de l’argent des contribuables constituent autant de menaces pour les valeurs et les pratiques défendues par les musées. De plus en plus, l’incertitude et la peur remplacent les discours créatifs et critiques.
Dans ce numéro, nous souhaitons nous faire une idée des conditions de travail des employés des musées à travers le monde et de la manière dont leurs actions leur permettent d’affirmer leur pratique professionnelle.
Les défis professionnels auxquels sont confrontés les musées sont vécus différemment par les employés, et les visiteurs, en fonction de leur contexte environnemental et culturel. Nous encourageons les auteurs à exprimer leurs points de vue, leurs critiques et leurs opinions sur les situations qui génèrent du stress dans leur pratique, et sur la manière dont ils organisent leurs conditions de travail compte tenu des pressions auxquelles ils sont soumis.
Nous acceptons toute contribution susceptible d’informer le secteur et de développer des idées inspirantes pour les processus de travail. Nous encourageons les auteurs à partager différentes perspectives sur les pratiques et les actions muséales qui contribuent ou favorisent l’évolution de la gestion des défis contemporains sur leur lieu de travail ou dans les lieux qu’ils fréquentent ou étudient.
Nous encourageons toute contribution qui aborde les sujets suivants (cette liste n’est pas exhaustive) :
- Interventions politiques perturbant le travail des employés de musée
- Précarité et conditions de travail difficiles
- Pratiques favorisant la solidarité au sein du musée et avec la société
- Employés des musées confrontés à des menaces qui pèsent sur leur intégrité professionnelle
- Stratégies pour continuer à traiter les questions de diversité, d’inégalité, d’inclusion et de durabilité au sein du musée en lui-même (et aussi comme thèmes abordés par le musée)
- Préserver les musées en tant qu’« espaces sûrs pour les idées en danger »
- Stratégies de fidélisation du personnel en période de précarité
- Bonnes pratiques et initiatives innovantes en matière de recrutement et de management du personnel
Processus de sélection
Les résumés d’articles, d’environ 300 mots et rédigés en anglais, en français ou en espagnol, doivent être envoyés à publications@icom.museum dans un document Word (.doc). (si vous ne recevez pas de confirmation de réception dans un délai de 2 semaines, il est possible que votre e-mail ne nous soit pas parvenu – n’hésitez pas à nous écrire à nouveau).
Les contributions ne sont pas rémunérées.
Merci d’inclure les informations suivantes dans votre résumé :
- Titre de l’article
- Noms de l’auteur (ou des auteurs)
- Expérience professionnelle
La date limite d’envoi est fixée au 5 janvier 2026.
Les résumés d’articles seront examinés anonymement par le Comité Éditorial.
Museum International est publié en anglais. Toutefois, nous acceptons également des résumés d’articles dans les deux autres langues officielles de l’ICOM (le français et l’espagnol). Si votre résumé est accepté, nous vous enverrons les directives à suivre pour la rédaction de votre article complet. Vous disposerez alors d’approximativement deux mois pour le rédiger et nous l’envoyer. Il vous est possible de rédiger votre texte complet dans l’une des trois langues officielles de l’ICOM, à savoir l’anglais, le français, ou l’espagnol.
Structure attendue d’un résumé d’article
Un résumé d’article, d’une longueur d’environ 300 mots (sans compter la bibliographie sélective), doit donner, de manière succincte, l’essence du propos, et doit pouvoir être lu comme un texte à part entière. Il ne doit pas contenir d’images ni de notes de bas de page et doit être envoyé dans un fichier Word.
Il doit comprendre les sections suivantes :
- Introduction : une ou deux phrases qui décrivent le sujet dans son ensemble, y compris le contexte de l’étude présentée.
- Une problématique, ou les principaux axes de réflexion qui articulent les différents aspects critiques ou thématiques envisagés dans le texte. Il convient également d’identifier tous les aspects non étudiés précédemment par la recherche.
- L’originalité de la démarche adoptée par l’auteur doit être mise en lumière.
- La description de la méthode adoptée doit décrire l’approche choisie pour les études de cas, les entretiens, etc. (entre autres exemples).
- Une conclusion qui souligne l’impact de cette recherche, et qui expose les raisons pour lesquelles les résultats de la recherche sont importants.
- Une bibliographie sélective, citant uniquement les sources principales qui seront citées dans l’article.
- Des mots-clés (5 maximum).
Tribune parue dans Le Monde
Le vol au musée du Louvre et l’ampleur que l’affaire a pris dans le débat public ont profondément ébranlé le monde des professionnels de musées. Nombreux sont ceux qui se sont sentis touchés par des critiques parfois acerbes et injustes adressées à la présidence et aux équipes du musée, auxquelles nous apportons notre plein soutien. Cette affaire les plonge avec dureté dans l'injonction quasi-schizophrénique qui ressort de leur mission essentielle : exposer tout en préservant, montrer au plus grand nombre des œuvres originales tout en garantissant la pérennité des collections publiques. C’est là tout ce qui distingue le musée du coffre-fort : l’accessibilité.
Car la conservation reste évidemment au cœur de la mission muséale, comme le rappelle la définition des musées de l’ICOM (Conseil international des musées, créé en 1946) dont la version révisée a été adoptée en 2022 après avoir été âprement débattue : « Un musée est une institution permanente, à but non lucratif et au service de la société, qui se consacre à la recherche, la collecte, la conservation, l’interprétation et l’exposition du patrimoine matériel et immatériel […]». Pour autant, elle n'est plus la seule, loin de là : l’institution muséale a en effet connu des évolutions extrêmement rapides au cours des dernières décennies.
« Le concept de musée n’est pas extensible à l’infini » estimait William Rubin, conservateur au MoMA dans les années 1970 et 1980. Et pourtant… La croissance du tourisme mondial a fait des institutions phares (peu nombreuses certes mais très visibles) des attractions recherchées, leur donnant des moyens supplémentaires, mais les exposant davantage. Les missions du musée se sont élargies et les musées ont endossé peu à peu et avec un engagement nécessaire un rôle social essentiel dans un monde traversé par les crises. « Au service de la société », les musées sont aujourd’hui – et c’est heureux - à l’écoute des grands enjeux de notre époque, comme l’inclusion, la diversité, la participation citoyenne, la santé, la durabilité, tout en devant conserver le haut niveau d’expertise scientifique qui leur assure la confiance des publics.
Les tensions budgétaires qui en découlent sont évidentes. Concevoir et mettre en œuvre des programmes pour des publics à besoins spécifiques, imaginer et réaliser des dispositifs de médiation adaptés à la pluralité sociologique des visiteurs, revoir les pratiques métiers de conception des expositions pour répondre mieux à la nécessaire transition écologique… autant d’actions qui requièrent temps, énergie et moyens. Y renoncer ? Ce serait faire fi de la nécessaire évolution des établissements, dont le devoir est de rester en phase avec leur temps et avec l’évolution de notre monde pour demeurer pertinent. xposer aujourd’hui comme hier, sans changer l’appareil discursif, sans faire évoluer la mise en contexte, sans prendre en compte la diversité des publics et de leurs attentes reviendrait à signer l’arrêt de mort des musées, en en faisant des objets hors sol.
Rappelons-le, les musées ne sont pas des institutions « rentables » financièrement, et ils ne sont pas destinés à l’être. Leur rentabilité est ailleurs, dans leurs missions de conservation, d’éducation, de sensibilisation des publics. Sans les subventions publiques qu’ils reçoivent, ils ne pourraient ouvrir leurs portes, ni remplir leur mission de service public. Dans le paysage français, les institutions dont les recettes propres couvrent les dépenses de fonctionnement font figure d’exception. En 2023, les établissements patrimoniaux dépendant du ministère de la Culture affichaient globalement un taux de ressources propres à hauteur de 50%.
Si la décennie 2000-2010 a vu les crédits dédiés aux musées qui dépendent de l’État augmenter de 58% selon la Cour des Comptes (avec un taux d’inflation de 20% sur la période), les années 2010-2025 ont été des années de stagnation. Le plafond d’emploi a également diminué, diminution qui semble se confirmer dans le budget 2026. N’oublions pas que sur les 1 200 musées bénéficiant de l’appellation « Musées de France » régie par le Code du Patrimoine, 82 % relèvent des collectivités territoriales. Et la situation n’y est évidemment pas meilleure. Sur la période 2019-2023, la progression budgétaire est de seulement 2% et 2025 marque une rupture. La situation des collectivités s’est fortement dégradée et le baromètre de l’observatoire des politiques culturelles souligne une baisse budgétaire inédite par son ampleur : 47 % des répondants à l’enquête déclarent une diminution du budget de la culture entre 2024 et 2025.
Le mécénat, longtemps présenté comme une planche de salut, n’est pas la manne espérée. Il reste marginal dans l’équilibre budgétaire global et se concentre surtout sur les grandes institutions. Quant à la hausse des tarifs d’entrée, elle a ses limites : faire payer davantage les visiteurs étrangers hors Union européenne, comme l’annoncent plusieurs grands établissements, ne saurait être une solution généralisable, notamment pour les musées dont le public n’est pas principalement issu du tourisme international.
Les musées sont donc aujourd'hui « coincés » entre des recettes qui stagnent, des dépenses qui augmentent et des ambitions légitimes, multiples et impérieuses. La conviction des pouvoirs publics de l’importance du rôle des musées dans notre société et leur soutien sont donc primordiaux pour leur donner les moyens d’accomplir l’ensemble de leurs missions. Il en va de la crédibilité et de l’avenir des musées.
Pour ICOM France (comité français de l’ICOM),
Emilie Girard, sa présidente
Musée de France, mode d'emploi
Guide pratique : Musée de France, mode d'emploi
Ce guide s’adresse aux propriétaires publics et privés qui souhaitent demander l’appellation « Musée de France » afin de renforcer la protection de leurs collections (trésors nationaux), leur étude et leur partage avec le public le plus large.
Elle présente les droits et obligations inscrits dans la loi n° 2002-5 du 4 janvier 2002 relative aux musées de France.
Pa(ma)trimonialisation et mémoires des migrations
Saint-Denis territoire de migrations ? (saison 6)
Chercheur.e.s, actrices et acteurs locaux.ales en dialogues. : "Pa(ma)trimonialisation et mémoires des migrations"
L’idée d’une journée d’étude co-construite entre l’École Doctorale (ED) Sciences Sociales de l’Université Paris 8, l’Institut Convergences Migrations (ICM) et la Mairie de Saint-Denis part du constat de l’intérêt de porter à la connaissance des acteurs locaux les recherches en cours au sein de l’ED qui abordent des problématiques sur lesquelles ils sont amenés à agir. Dans les anciennes villes industrielles de la couronne parisienne, et notamment à Saint-Denis l’expérience migratoire tient une place importante, tant d’un point de vue historique que dans son actualité. Ainsi, la question migratoire est présente dans le répertoire des thèses où plusieurs doctorant·es abordent les migrations selon différentes entrées.
Après avoir travaillé sur l’importance des liens entre ici et là pour comprendre ce qui se joue pour les personnes et les territoires en migration, cette rencontre annuelle ouvre cette fois la problématique des liens au passé, de la question des mémoires et des histoires des migrations, des différentes formes que peuvent prendre la reconnaissance (Fraser, 2005) de ces histoires et mémoires, toujours à hauteur des villes et territoires « de migration ». Dans la question « qu’est-ce qui fait mémoire ? » se dessine en creux une autre interrogation : qu’est-ce qui n’est pas digne d’être retenu comme élément structurant et marquant d’une histoire collective ?
Voir le propos et le programme ci-contre.
Museum Reputation as a Leadership Tool
Manuel de l'Expérience de Réputation
Lignes directrices comprenant des fiches d'exercices et des recherches par sondage
Le Manuel de l'Expérience de Réputation a été élaboré dans le cadre du projet « La réputation des musées comme outil de leadership », mis en œuvre en 2025 en Croatie, en Bosnie-Herzégovine et en Italie, sous la coordination d'ICOM INTERCOM et d'un vaste partenariat international.
Cette publication propose des lignes directrices pratiques et des exemples concrets pour la gestion stratégique de la réputation des musées en tant que fondement du leadership, de la confiance du public et de la pertinence sociétale. S'appuyant sur des formations internationales, du mentorat et une expertise reconnue, le manuel démontre comment la réputation peut stimuler l'inclusivité, la durabilité et l'engagement communautaire dans des environnements à forte densité touristique. Il met en lumière des modèles et des outils innovants pour une gestion moderne de la réputation, offrant aux professionnels des musées de nouvelles stratégies pour naviguer à travers les défis contemporains et favoriser un changement social positif. Ce guide présentent les principaux résultats et les meilleures pratiques issues de la collaboration transfrontalière et positionne les musées comme des leaders visibles dans la gestion éthique, pertinente et inclusive du patrimoine culturel.
Le projet a été soutenu par la Subvention "ICOM Special Grant" en 2025.
