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Peut-on tout exposer ? Les musées au coeur du débat contemporain
Propos de la rencontre
Les sensibilités nouvelles et plurielles qui s’expriment obligent les professionnels à s’interroger sur leur rôle dans la société. Comment exposer des œuvres, objets, thématiques ou artistes dont on connait (ou suppose) la capacité à déranger, à choquer ? Comment faire face au risque de l’autocensure ? Quel appareil discursif les musées doivent-ils mettre à disposition des publics pour mieux contextualiser, mieux expliquer et répondre aux contradictions ?
La nouvelle définition du musée réaffirme que nos institutions sont au service de la société : les musées ont en effet un rôle fondamental à jouer dans ce débat public toujours plus vif et moins nuancé. Tandis que des œuvres sont aujourd’hui jugées par certains « inconvenantes », « offensantes » ou « immorales », il est plus que jamais nécessaire de rappeler que les musées ont la responsabilité de s’extraire du seul registre émotionnel pour apporter des éléments de compréhension du monde et de mise en perspective.
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Podcast en espagnol
Appel à communication - Actualité de la recherche et du patrimoine
Le volet « Actualité de la recherche et du patrimoine » au festival de l’histoire de l’art à Fontainebleau interroge l’actualité du patrimoine, des musées, des expositions, des monuments historiques et patrimoniaux, mais porte également son attention sur les travaux en cours dans les différentes universités françaises et étrangères et dans toutes les institutions culturelles et patrimoniales.
Pour cette édition 2025 (du 6 au 8 juin 2025), l’objectif est de continuer à questionner les avancées technologiques, les nouvelles méthodes de recherche, et plus généralement les programmes universitaires, muséaux, de conservation, de restauration, d’exposition ou encore d’éducation artistique qui émergent chaque année.
Ce volet offre la possibilité aux conservatrices et conservateurs, restauratrices et restaurateurs, professionnelles et professionnels du monde de l’art, étudiantes et étudiants en master et doctorat, chercheuses et chercheurs, enseignantes et enseignants interessés de nous transmettre une proposition de communication dans le but de construire de manière commune la programmation de ce chapitre qui a déjà offert au festival de très riches conférences.
Museums Next Generation 2025 // Villa Albertine - New York
ICOM France relaie un programme de la direction Musées & Patrimoine de la Villa Albertine
La Villa Albertine, avec le soutien de la Fondation Albertine, lance en 2025 la troisième édition de son « programme d’accélération » à destination des jeunes professionnels des musées français. L’établissement culturel du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, souhaite ainsi participer au renouvellement du dialogue franco-américain pour favoriser de nouvelles synergies au sein de la communauté professionnelle.
En 2025, le programme Museums Next Generation invite 7 jeunes professionnels des musées français à participer à un programme d’immersion de deux semaines aux Etats-Unis du 7 au 18 avril 2025. Pour la première fois cette année, le programme se tiendra pour partie au Texas (Houston, Dallas et Forth Worth) puis sur la côte Est.
L’appel à candidature pour les professionnels français est ouvert jusqu’au 27 novembre 2024.
Un deuxième programme sera lancé au printemps 2025 pour inviter 7 professionnels américains pour deux semaines d’immersion dans l’écosystème muséal français.
Ce programme a pour but :
- de mieux connaitre et comprendre l’écosystème américain des musées dans toutes ses dimensions
- d’inspirer les professionnels français dans leurs propres pratiques et de les confronter avec la pratique de leurs homologues américains
- de renforcer la dimension internationale de la jeune génération de conservateurs français et leur réseau outre-Atlantique
- de promouvoir auprès du milieu professionnel américain une nouvelle génération de conservateurs français
Pendant ces deux semaines, les participants bénéficieront :
- de présentations permettant de cerner les spécificités et enjeux des musées américains dans leurs dimensions scientifique, éducative, organisationnelle et philanthropique ;
- de rencontres privilégiées avec les leaders et acteurs clés du domaine (directeurs, conservateurs, chargés de développement et de mécénat, responsables éducatifs, mécènes etc.) ;
- de visites de terrain dans les institutions les plus dynamiques et les plus innovantes du pays ;
- d’évènements de réseautage avec les professionnels américains à New York et Los Angeles.
Le programme détaillé des deux semaines sera précisé ultérieurement.
Les candidats
Issus de toutes les spécialités de musées, les participants sont sélectionnés sur la base de leurs réalisations scientifiques (expositions, publications), la conduite de projets muséaux innovants, sur leurs capacité à penser le musée de demain et leur intérêt pour les enjeux internationaux et managériaux, leurs conférant le potentiel d’être de futurs directeurs d’institution et de musée.
Le programme est ouvert aux candidats répondant au profil suivant :
- Professionnels de musées : conservateurs et conservatrices du patrimoine (Etat, Ville de Paris ou collectivités territoriales), attachés et attachées de conservation, chargés et chargées de collections, ou autres professionnels de musées en poste dans un musée de France etc.
- justifiant de 5 à 15 ans d’expérience
- de nationalité française ou exerçant en France
Les candidatures seront évaluées par un jury indépendant de professionnels de musées sur la base de la qualité du parcours du candidat et de l’intérêt de sa candidature au regard de son parcours et de sa motivation.
Les candidats sont invités à déposer leurs candidatures via le formulaire permettant de préciser leur parcours, leurs projets passés et en cours, et leur motivation à intégrer ce programme
Les participants sont sélectionnés par un jury de professionnels des musées français.
Le calendrier :
- Lancement de l’appel à candidature : 1er octobre 2024
- Date limite de réception des candidatures : 27 novembre 2024 à 23h59 heure française
- Sélection par le jury : décembre 2024
- Annonce des candidats sélectionnés : 13 janvier 2025
- Dates du programme : du 7 au 18 avril 2025 (Texas et la côte Est)
Pour toute question :
Olivia Bourrat, Head of Museums and Cultural Heritage
Villa Albertine
olivia.bourrat@villa-albertine.org
Militer au musée : actions politiques dans la sphère patrimoniale
Présentation
Ces dernières années, on a assisté à un déplacement et une transformation des formes de militantisme politique dans le domaine décolonial et écologique : de la manifestation sous la forme de marches collectives, ou bien de la dénonciation d’un immobilisme politique sous la forme de tribunes publiques dans les journaux, on est passé à des interventions dans les musées ou encore à des entames du patrimoine public ayant pour objectif de réveiller les consciences, quant à une histoire conflictuelle transmise sans égard à ses méfaits (pour ce qui concerne l’histoire coloniale et plus encore l’histoire de la traite transatlantique et de l’esclavage) ou pour ce qui concerne la frilosité et l’inaction, voire le cynisme des pouvoirs publics face à l’urgence climatique. Ces deux prises de conscience politiques se déploient parallèlement et recourent à un ensemble de gestes engagés, qui, pour n’être pas exactement similaires, sont certainement comparables dans leurs formes. Ils disent également à quel point l’espace patrimonial est un espace public reconfiguré comme une arène où, alors qu’on le croyait sanctuarisé - même si l’histoire montre que le patrimoine a souvent été pris pour cible dans les revendications politiques, notamment par les Révolutionnaires français vis-à-vis des signes d’Ancien Régime à la fin du XVIIIe siècle ou encore par les Suffragettes anglaises au début du XXe siècle - il s’avère un espace public où les conflits de valeur se déploient, s’affrontent, dans le recours à l’effraction et à l’illégalité.
L’espace patrimonial est ainsi requalifié comme un espace dynamique propre à servir de débats et de confrontations, non pas de représentants élus comme à l’assemblée, non pas de foules pacifiques réunies autour d’un mot d’ordre dans l’espace urbain, mais bien par la captation de groupes qui se vivent comme minoritaires et inaudibles dans les formats traditionnels du débat public, et qui entendent faire connaître leurs revendications par des processus qui ne relèvent pas de la destruction radicale, mais bien de la maculation sophistiquée, de la blessure contrôlée, ou encore de l’entaille maîtrisée des chefs d’œuvre, vécus comme des sommets de la naturalisation de l’histoire officielle (et considérée comme offensante et problématique) ou comme sommet de la naturalisation d’un modèle social, économique et politique jugé mortifère à l’égard de l’écosystème de la planète.
Plusieurs exemples viennent à l’esprit, que l’on pense aux interventions du groupe Unité, dignité, courage au musée du Quai Branly le 12 juin 2020, aux actions sur des œuvres exposées dans des musées, à l’instar, par exemple de celles conduites par le collectif Just Stop Oil au Royaume-Uni ; ou encore aux actions de Dernière Rénovation, notamment la couverture de la pyramide du Louvre de peinture orange fluo le 27 octobre 2023, dans le domaine écologique. Ces interventions sont rendues publiques par la presse traditionnelle mais aussi orchestrées par les lançeurs d’alerte qui diffusent les vidéos témoignant de l'action politique au sein des réseaux sociaux, vidéos qui informent tout le processus, de l'intervention illégale aux procès qu'ils suscitent. Ce militantisme se caractérise par ses modalités d'exécution au sein de l'espace patrimonial, par une médiatisation via les réseaux sociaux mais aussi par une grammaire et une inscription dans un espace internationalisé, sur le fond et dans la forme.
Cette journée d’études rassemblera des chercheurs, des artistes et des militants engagés dans l’action et dans l’étude de ces mobilisations d’un nouveau genre et tentera de comprendre non seulement à quel point les pratiques des décoloniaux et des écologistes se croisent et s’imitent, mais aussi, comment elles signent une nouvelle ère du patrimoine comme espace privilégié de l’action politique.
INHA, salle Vasari, 2 rue Vivienne, 75002 Paris
Appels à projets France-Québec
ICOM France relaie l'appel à candidature de la délégation générale du Québec à Paris
Les gouvernements français et québécois soutiennent la réalisation de projets de coopération entre les deux territoires via deux appels à projets
1. L'appel à projets pour la coopération entre institutions (CPCFQ)
Cet appel à projets vise à faire émerger ou renforcer des partenariats franco-québécois dans le domaine culturel, mais pas seulement.
Les projets doivent être portés par un organisme à but non lucratif, des organismes ou entreprises culturels, un établissement d’enseignement ou un centre hospitalier, un centre de recherche ou de transfert technologique non affilié au gouvernement du Canada.
Le soutien accordé est d’un montant annuel maximal de 20 000 $ (pour la partie québécoise) et 6 000 € (pour la partie française).
- Vous êtes un porteur de projet français. En savoir plus :
- Vous êtes un porteur de projet québécois. En savoir plus :
Appel à projets pour la coopération institutionnelle | Gouvernement du Québec (quebec.ca)
2. Appel à projets pour la coopération entre collectivités territoriales (FFQCD)
Cet appel à projets vise à faire émerger ou renforcer des partenariats franco-québécois entre collectivités territoriales dans le domaine culturel, mais pas seulement.
Les projets peuvent être portés par :
- En France - une ou plusieurs collectivités territoriales. En savoir plus :
- Au Québec - un ou plusieurs organismes, institutions ou entités locales, municipales ou régionales. En savoir plus :
Date limite de soumission des candidatures : 16 décembre 2024
"Pouvons-nous parler ? Les musées face à la polarisation"
La Conférence annuelle 2024 de NEMO, intitulée "Pouvons-nous parler ? Les musées face à la polarisation", vise à aborder le rôle vital que les musées peuvent jouer dans les démocraties et leurs actuelles remises en question .
Nos sociétés sont confrontées à des défis considérables et à des perturbations. Les divisions sociétales semblent s'aggraver de jour en jour. Les institutions culturelles comme les musées sont donc de plus en plus sous pression.
Participez à ces deux journées de rencontre pour discuter du pouvoir des musées face à cette polarisation naissante :
- Quelles sont les possibilités dont disposent les musées pour naviguer dans les controverses et favoriser le dialogue et le débat ?
- Comment les musées peuvent-ils mieux réagir lorsqu'ils sont pris dans le collimateur d'un débat socio-politique ?
La conférence examinera comment établir des relations solides avec les groupes sous-représentés et favoriser leur représentation en période de polarisation. Enfin, elle mettra en lumière la pression politique croissante à laquelle les musées du monde entier sont confrontés, en invitant et en analysant les (ré)actions possibles en tant que modèles de prévention.
En savoir plus sur la conférence

Prix ICOM pour les pratiques de développement durable dans les musées
ICOM France relaie l'appel à candidature du Prix ICOM pour les pratiques de développement durable dans les musées, premier prix mondial récompensant les initiatives innovantes et les pratiques muséales exemplaires en matière de développement durable.
Ce prix, organisé par le secrétariat international de l'ICOM, souligne l'engagement de l'organisation dans la transition durable des musées et offre une opportunité d'apprentissage pour les professionnels de musées. Il vise à valoriser les actions concrètes des musées.
La cérémonie de remise de prix aura lieu lors de la conférence générale de l’ICOM à Dubaï en 2025.
Qui peut candidater ?
Seuls les membres institutionnels d'ICOM France peuvent être candidats.
Si votre musée a mis en œuvre avec succès des actions de développement durable, contribuant aux 5 P (Personnes, Planète, Prospérité, Paix et Partenariat) et aux Objectifs de Développement Durable de l’Agenda 2030, présentez votre projet et candidatez !
Les candidats (membres institutionnels d'ICOM France) doivent être en règle avec leurs cotisations pour les années 2024 (puis 2025).
Chaque candidat pourra soumettre un seul projet, débuté et achevé entre janvier 2022 et 1er septembre 2024.
Comment candidater ?
Avant la date limite du 1er octobre
Transmettez la présentation de votre projet à ICOM France afin d'en obtenir la certification.
Pour ce faire, envoyer votre demande par courriel à presidence[a]icom-musees.fr
en joignant :
Si le projet répond aux exigences, vous recevrez le formulaire d’évaluation rempli et la lettre de soutien signée avant le 15 octobre.
Avant la date limite du 30 octobre
Soumettez votre candidature via le formulaire sur le site web d'ICOM, incluant :
- Les informations sur votre institution
- La description du projet
- La lettre de soutien signée par l’entité ICOM qui appuie votre projet
Sélection et récompenses
Un jury composé de sept membres, experts en muséologie et en développement durable, procédera à la sélection, sous la présidence du comité international SUSTAIN. Les finalistes et le lauréat seront annoncés à la fin de l’année 2025.
Le lauréat du prix recevra une statuette spécialement conçue pour cette première édition du prix et bénéficiera d'une promotion à travers les différents médias de l’ICOM. Les trois finalistes seront invités à participer à la 27e conférence générale de l’ICOM, qui se tiendra à Dubaï en 2025, et recevront un certificat de récompense pour leurs projets. Une publication présentant le lauréat, les finalistes et les projets remarquables sélectionnés par le jury sera éditée quelques mois après la conférence générale.
Le musée qui soigne, du care au cure : la muséothérapie
Le musée qui soigne, du care au cure : la muséothérapie
Nathalie Bondil, directrice du musée et des expositions de l'Institut du monde arabe & Laure Mayoud, psychoclinicienne sont les prochaines invitées de la septième session des 52 minutes d'ICOM France - Des musées en leur temps. En ligne, cette session se tiendra le jeudi 31 octobre prochain, à 12h30.
De plus en plus de musées innovent en France dans leurs pratiques professionnelles concernant la santé de leurs usagers : cette approche holistique du soin répond aux besoins d’une approche globale en santé publique. Philosophie de bienveillance (care) et projets en association avec les professionnels de la santé (cure), ce rendez-vous d’ICOM France revient sur les modalités de ces pratiques en France via des exemples concrets et des outils récents (documentation, bibliographie, formations).
La séance sera modérée par Emilie Girard, présidente d'ICOM France.
ID de réunion: 842 1455 1977
Code secret: 305563
Qui est Nathalie Bondil ?
Conservatrice du patrimoine, muséologue et historienne internationale, Nathalie Bondil est directrice du musée et des expositions de l’Institut du monde arabe depuis 2021. Auparavant, elle a été vice-présidente du Conseil des arts du Canada (2014 - 2021) et a dirigé le musée des Beaux-Arts de Montréal entre 2007 et 2020, période pendant laquelle elle a mené plusieurs chantiers d’agrandissement, initié et exporté des expositions interculturelles et interdisciplinaires et s’est engagée pour rendre le musée plus inclusif. Aujourd’hui, elle continue de développer son concept de "muséothérapie" avec l'université de Montréal et l'École du Louvre.

©Max Abadian 2019
Qui est Laure Mayoud ?
Psychologue clinicienne avec une spécialisation en psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent, Laure Mayoud a travaillé dans le secteur de la pédopsychiatrie. Elle propose depuis plusieurs années des soins innovants avec la proposition de « prescriptions culturelles »® apportées aux étudiants dans le service santé de l’Université et aux patients dans les hôpitaux (service enfant, adulte et personne âgée).
Suite aux effets thérapeutiques remarqués par les patients et les équipes soignantes, elle a fondé en 2018 une association « L’invitation à la beauté »® avec un comité scientifique et artistique recherchant les effets cathartiques de la contemplation de la beauté. La commission nationale française de l’UNESCO et la Fondation OMS soutiennent les avancées dans la recherche fondamentale et appliquée proposée par l’association.
Elle a créé avec les co-directeurs le Professeur Carole Burillon, Pierre Lemarquis, Nathalie Bondil un diplôme universitaire « Les prescriptions culturelles ®: arts et santé », pour les professionnels dans le monde de la santé et de la culture. Cette formation certifiée Qualiopi) se déroule à la Faculté de Médecine de Lyon.

En savoir plus sur le diplôme universitaire

Les couleurs perdues des sculptures de l’antiquité
"Les couleurs perdues des sculptures de l’antiquité. Identifier, étudier, interpréter et valoriser la polychromie antique au Musée"
Depuis 2021, le Musée royal de Mariemont participe au projet interdisciplinaire « PolyChroma2» qui s’intéresse à la signification sociale des couleurs de la sculpture romaine à partir d’un corpus d’œuvres ayant bénéficié d’analyses archéométriques visant à retrouver les traces des couleurs perdues. Les études scientifiques, qui sont toujours en cours, révèlent une grande diversité de procédés : imitation d’autres matériaux, effets illusionnistes, rendu naturaliste, communication de messages (religieux, sociaux, etc.) à traves la bichromie ou la monochromie.
Le Musée expose aussi un portrait de reine ptolémaïque exceptionnel qui conserve des traces de peinture, de dorure, de réfections antiques et de traitement à la cire d’abeille : classé comme « Trésor de la Fédération Wallonie-Bruxelles », cette œuvre majeure a fait l’objet d’une importante campagne d’analyses qui a permis de restituer son histoire complexe et les remaniements antiques qui la caractérisent.
Si ces études de cas renouvellent nos connaissances de la polychromie des statues en marbre de l’Antiquité, elles posent aussi la question de la diffusion des résultats et de leur présentation dans le parcours de référence du Musée.
La revue des Cahiers de Mariemont fait donc appel aux historien.nes, historien.nes de l’art, archéologues, archéomètres, médiateur.trices, commissaires d’exposition et autres acteurs du secteur muséal et universitaire pour investiguer les méthodes d’identification des couleurs, les limites de l’interprétation et des restitutions chromatiques et les enjeux de médiation muséale autour des couleurs perdues des statues de l’Antiquité.
Les articles privilégieront des études transversales ou diachroniques, des essais de synthèse sur des thèmes
iconographiques ou des catégories typologiques, des analyses centrées sur les pigments, les techniques
picturales et les pratiques d’atelier, des réflexions autour des restitutions et des dispositifs de médiation.
Voici une liste non exhaustive de thèmes et de pistes à explorer :
- L’interprétation des données archéométriques de la polychromie des objets de collection muséale (souvent privés de contexte archéologique).
- La « temporalité » de la polychromie antique : une analyse des réfections et des remaniements antiques et modernes.
- Les méthodes de restitution des couleurs à travers le temps.
- La réception des statues « colorées » du 18e siècle à nos jours.
- Les apports et les limites de l’archéologie expérimentale.
- Les discours chromatiques dans les expositions temporaires et/ou dans les parcours de référence des
- musées.
- La présentation des données scientifiques aux publics.
- Les outils de médiation à travers des études de cas.
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Appel à communication - Festival de l'Histoire de l'art à Fontainebleau 2025
Que faire de ces objets pris dans le champ du vrai et du faux ? Les exposer ? Les cacher dans les réserves ? Que faire des restaurations des édifices advenues au fil des siècles ? Faut-il montrer les strates historiques d’un édifice ou bien s’en tenir à la dernière version en date ? Autant d’interrogations qui touchent au cœur même de l’histoire de l’art et de ses métiers. Interroger le vrai et le faux dans l’histoire de l’art, ses discours et ses pratiques, exige de prendre en compte les glissements qui peuvent s’opérer entre ces deux notions et au sujet desquelles la réflexion se forme et se transforme au fil du temps et de bien garder à l’esprit que les partages entre vrai et faux se font selon des critères très différents en fonction des contextes culturels et historiques.
Le thème choisi pour cette 14e édition du festival de l’histoire de l’art (du 6 au 8 juin 2025) embrasse tous les champs de notre discipline, c’est pourquoi il est utile de dégager quelques pistes de travail qui ne sont, bien sûr, pas exhaustives :
- Entre « vrai » et « faux » : « Vrai » et « faux » sont les deux pôles d’une réflexion qui porte en premier lieu sur l’unique et le multiple. Les propositions pourront s’attacher ainsi au statut des différents types de production artistique qui viennent redoubler l’œuvre originale : il en va ainsi de l’interprétation (retranscription de l’originale dans une technique différente), du pastiche (travail réalisé à partir d’une œuvre par un autre artiste pour souligner la manière du premier), de la copie (reproduction fidèle d’une œuvre qui s’annonce comme telle) et bien évidemment du faux, dont les modalités varient entre la contrefaçon intentionnelle (la copie que l’artiste ou le vendeur n’annonce PAS comme telle mais comme original), la falsification de l’authenticité ou encore la reproduction non autorisée d’œuvres protégées par des droits d’auteur.
- Des histoires de « faux » : L’histoire de l’art est remplie d’œuvres et d’objets qui ont été à un moment considéré comme authentiques et dont on a par la suite démontré qu’il s’agissait de « faux », soit exécutés volontairement pour tromper, soit mal identifiés par celles et ceux qui les ont acquis, exposés et commentés. Les propositions pourront porter sur telle ou telle « affaire » plus ou moins célèbre, sur la manière dont le caractère faux ou inauthentique des œuvres ou d’un ou plusieurs éléments de celles-ci a été découverte, sur les modifications des discours qui ont pu en surgir. La parole des restauratrices et restaurateurs sera ici particulièrement précieuse.
- Techniques et reproductibilité technique: les questionnements autour du vrai et du faux, de l’unique et du multiple, doivent tenir compte des conditions de production. L’une des problématiques principales de cette édition est l’œuvre d’art aux époques de sa reproductibilité technique, de l’estampe à la photographie aux images numériques actuelles. Ces techniques reproductives successives soulèvent la problématique de l’œuvre originale et de ce que Walter Benjamin appelle son « aura », un concept qui se trouve aujourd’hui détaché des œuvres originales précisément à cause des techniques modernes de reproduction[7]. La dimension technique, celle qui permet à un artiste qui copie ou à un faussaire qui falsifie de s’approcher au plus près du style d’un artiste doit nous retenir et nous amener à nous demander où commence le faux. La création du faux requiert un véritable art de la contrefaçon et si un faussaire repenti souhaite venir partager ses secrets techniques avec le public du festival, qu’il ou elle s’en sente bienvenu.
- Plaisir de tromper et d’être trompé: dans l’Antiquité puis à partir de la Renaissance, le concept de mimesis possède une importance capitale dans les théories de l’art. Pourra ainsi être interrogée la notion de trompe l’œil qui, quel que soit le medium utilisé, cherche à donner par une exacte représentation l’illusion de la présence de l’objet figuré. Les grandes figures – réelles ou légendaires – de ce genre (Zeuxis et Parrhasios, Bramante, Le Bernin, Cornelis Gijsbrechts ou Louis-Léopold Boilly) pourront être convoquées mais il faudra également convier à nos débats les philosophes qui ont interrogé ce genre et qui et qui contestent la parfaite adéquation du trompe l’œil à la réalité et parlent plutôt du plaisir donné par une illusion connue.
- Restauration et authenticité : la notion de restauration ou de restitution authentique ou « à l’identique » varie fortement suivant les contextes historiques et culturels.
- L’histoire de l’art face au faux: quelle(s) position(s) pour l’historien/historienne de l’art face à cette question du vrai et du faux ? Dans une optique historiographique, nous invitons les participantes et participants à se pencher sur la fascination mais aussi la difficulté que certains grands noms de notre discipline ont éprouvé face à ces sujets. Toute aussi importante est la réflexion sur l’appréciation relative qui est attachée à la valeur d’authenticité. Ce qui est considéré comme non-authentique dans une culture, ne l’est pas forcément dans l’autre. Nous sommes particulièrement intéressés à élargir les exemples au-delà de l’art européen. Et puis, il serait intéressant de voir comment l’histoire de l’art peut s’emparer, si ce n’est du faux tout du moins de la fiction, sur un plan méthodologique. Certains de nos collègues historiens et historiennes travaillent depuis plusieurs années selon la méthode de l’histoire contrefactuelle. Et si ? Et s’il existait une histoire de l’art contrefactuelle ? La méthode contrefactuelle, voici un futur encore trop peu advenu dans le champ de l’histoire de l’art qu’il serait pertinent d’interroger.
- De l’utilité du faux: aujourd’hui, la valeur de la copie ou de la reproduction ne se conçoit plus en fonction de la virtuosité qu’elles affichent mais de leur utilité. Les fac-similés permettent de montrer des œuvres et des lieux majeurs de l’histoire de l’art trop fragiles pour être visibles, voire de replacer dans son contexte original une œuvre déplacée. Cette problématique engage de nombreuses questions techniques, notamment celle de l’échelle de ces fac-similés (l’échelle 1 des moulages du musée des monuments français et les dimensions inférieures de la « réplique » de la grotte Cosquer à Marseille ne peuvent être mis sur le même plan), des matériaux utilisés pour les produire (voir le travail par exemple de l’atelier Factum Arte à Madrid dont l’imprimante assure des impressions reproduisant la couleur et le relief) et de la dimension éthique de leur utilisation (objectif uniquement financier, accessibilité du public et protection de l’œuvre, défi technique).
- Connoisseurship versus analyses scientifiques: traditionnellement, les arguments d’authenticité étaient fondés sur les analyses stylistiques qui permettaient d’attribuer une œuvre à un artiste. Aujourd’hui, et ce déjà depuis quelques décennies les méthodes et les outils scientifiques, parfois de laboratoires travaillant de concert avec les institutions culturelles (le C2RMF du Louvre ou le Labart à Louvain-la-Neuve), opposent au discours des experts celui des sciences dites dures. Si parfois les deux discours peuvent en effet s’affronter, comme pour les termes « vrai » et « faux », une opposition aussi binaire et manichéenne n’a pas lieu d’être. Le festival sera heureux de faire dialoguer ces deux méthodes tant « l’intervention du laboratoire dans les questions de critique d’art [est] l’une des principales révolutions [contemporaines]. »
- Le droit et la valeur de l’original : en lien avec ces discours d’authentification, le thème « Vrai-Faux » demande à la fois d’interroger celles et ceux qui élaborent le discours juridique nécessaire pour faire face aux dérives, mais aussi celles et ceux qui attribuent une valeur aux objets. Nous souhaitons accueillir des propositions abordant le marché de l’art d’hier et d’aujourd’hui, analysant la manière dont le vrai, le faux et toutes les nuances entre ces deux termes modifient, font ou défont la valeur d’une œuvre. Cette problématique engage notamment le domaine de la restauration des monuments historiques et des œuvres. Si, sans le savoir-faire des restaurateurs, soucieux de préserver ou de reconstituer les œuvres dont l’état de conservation est fragile, nombre d’entre elles seraient menacées de disparition, quand est-ce qu’une restauration devient une « hyper-restauration », voire un faux? Où se termine la restauration et où commence la création ?