Les Beaux-Arts comme dialogue interculturel
La prochaine conférence annuelle de l'ICFA se tiendra du 24 au 26 novembre 2026 à Toronto sur le thème : « Les Beaux-Arts comme dialogue interculturel »
Les beaux-arts possèdent des significations et des valeurs diverses selon les régions. Dans le même temps, ils peuvent fonctionner comme un langage partagé à travers lequel des personnes issues d'horizons culturels différents s'engagent dans le dialogue. Cependant, les pratiques artistiques, tout comme leurs cadrages historiques, sont profondément ancrées dans des contextes linguistiques et politiques spécifiques, nécessitant un certain niveau de compréhension partagée et des cadres communs pour un échange constructif.
L'ICFA s'est efforcé de servir de plateforme pour cet engagement. Pourtant, notre intention n'est pas de rester au niveau de rencontres éphémères avec des cultures inconnues. Cette conférence vise à aller au-delà du simple fait d'« en apprendre davantage » sur différentes perspectives, pour explorer plutôt la manière dont ces perspectives peuvent approfondir les connaissances spécialisées et générer de nouvelles formes de recherche et de pratique. Il est essentiel de créer une dynamique en vue d'actions concrètes à venir.
En particulier, nos domaines d'expertise, ancrés dans les musées et les collections, portent une responsabilité majeure dans un monde d'aujourd'hui de plus en plus incertain, notamment en ce qui concerne la préservation, l'interprétation et la recontextualisation de ce qui constitue les beaux-arts. Dans cette perspective, cette conférence souhaite partager des approches concrètes et fondées sur la pratique pour jeter des ponts entre les cultures.
En prenant le Musée Aga Khan comme point de référence, et en s'appuyant sur la riche diversité culturelle de Toronto (Canada), la conférence offrira une opportunité précieuse pour un engagement et des échanges critiques. Nous invitons les propositions de communication qui ne se contentent pas de présenter des perspectives diverses, mais qui articulent également la manière dont ces perspectives peuvent mener à des étapes concrètes dans la recherche, la pratique et la collaboration. Les participants devraient repartir avec de nouvelles perspectives et une orientation renouvelée pour leurs actions futures.
Informations pratiques
Lieu d'accueil principal : Musée Aga Khan, Toronto (Ontario), Canada
Dates : 24–26 novembre 2026
Le Musée Aga Khan est une institution récente, établie en 2014, dont les collections d'art islamique et les objets présentés s'étendent du IXe au XXIe siècle. Sa situation géographique offre l'opportunité d'observer les liens entre différentes cultures, notamment l'art occidental, l'art autochtone et l'art de la diaspora. Dans la continuité de la réunion annuelle à Dubaï l'an dernier, l'ICFA poursuivra sa réflexion mondiale sur la définition des beaux-arts à travers les différentes cultures.
Thématiques de la conférence
Qu'est-ce qui constitue les (Beaux-)Arts au Canada ?
Les habitants du Canada ne mettent pas nécessairement la même chose derrière les termes « Arts » ou « Beaux-Arts ». Le Canada est d'ailleurs un très bon exemple montrant pourquoi cela n'est ni surprenant, ni nécessairement un problème. Le terme « Beaux-Arts » découle historiquement d'une tradition européenne : peinture, sculpture, musique classique, théâtre, littérature, etc. À travers l'histoire coloniale et ses institutions — musées, universités, académies —, ce cadre s'est diffusé dans le monde entier. Mais dans un pays comme le Canada, ce modèle se heurte à de nombreuses conceptions très différentes de ce qu'est l'art à la base. De nombreuses cultures autochtones au Canada ne séparent pas nécessairement de manière rigide l'art du rituel, de la vie communautaire, de l'artisanat, de la spiritualité ou de l'usage quotidien. Un objet sculpté peut simultanément être une œuvre d'art, un objet spirituel, un porteur d'histoire et un objet fonctionnel. L'ICFA souhaite découvrir l'approche canadienne unique des (Beaux-)Arts et ses multiples facettes. Nous aimerions rassembler différentes approches canadiennes et, le cas échéant, comprendre la « manière canadienne ».
Le langage de la scénographie : comment créer du contexte, et pour quel public ?
La présentation de toute forme de (Beaux-)Arts est liée au public. Les professionnels de musée privilégient-ils une approche esthétique sans réflexion approfondie sur l'expérience sensorielle (look-and-feel) ? Le cube blanc est-il toujours d'actualité ? Devons-nous créer du contexte comme dans les anciens musées d'ethnographie ? Que doivent expliquer les musées afin d'offrir des services accessibles (low-threshold) à des publics très diversifiés ? L'ICFA accueille aussi bien les approches théoriques que les exemples pratiques.
Musées et engagement communautaire dans les sociétés multiculturelles
Les musées jouent un rôle essentiel dans les sociétés multiculturelles en préservant le patrimoine culturel, en favorisant la compréhension interculturelle et en créant des espaces où des communautés diverses peuvent partager leurs histoires. Traditionnellement perçus comme des institutions qui collectent et exposent des objets, les musées modernes se voient de plus en plus comme des acteurs actifs de la vie communautaire. Dans les sociétés multiculturelles, les communautés diffèrent souvent par la langue, l'appartenance ethnique, la religion, l'histoire et les expériences sociales. Un engagement communautaire efficace aide les musées à : représenter des perspectives et des histoires diverses, instaurer la confiance avec les groupes sous-représentés, encourager l'inclusion sociale et le dialogue culturel. Mais comment rendre les expositions plus pertinentes pour des publics locaux diversifiés ?
Dans les sociétés multiculturelles, les musées sont plus que des lieux de conservation d'artefacts : ce sont des espaces de dialogue, d'apprentissage et de lien social. Grâce à des pratiques inclusives et une véritable collaboration avec les communautés, les musées peuvent aider à bâtir des sociétés plus équitables, informées et culturellement dynamiques.
Discussion sous forme de "World Café"
Les (Beaux-)Arts - contributions à travers le monde. Un bilan intermédiaire et de nouvelles étapes. Pouvons-nous créer une définition globale des (Beaux-)Arts ? En avons-nous réellement besoin ?
Lors de la création de l'ICFA en 1980, les « Musées et collections de Beaux-Arts » étaient, de fait, associés aux musées et collections traditionnels occidentaux (européens et nord-américains). Ni l'Art Moderne (CIMAM) ni les Arts Appliqués (ICDAD, aujourd'hui ICOM DESIGN) n'y étaient inclus. L'ICFA a déployé d'importants efforts ces dernières années pour se détacher de cette attitude postcoloniale en se concentrant sur les arts d'Asie de l'Est, de l'Inde et du monde islamique. L'ICFA souhaite représenter les (Beaux-)Arts au sein de l'ICOM à l'échelle mondiale. Nous avons donc besoin d'une définition mondialement valide.
Mais d'un autre côté, les « Beaux-Arts » ne constituent pas une catégorie universelle culturellement neutre. Ils appartiennent à une tradition intellectuelle et historique particulière. De quel niveau de compréhension partagée de l'art une société globale a-t-elle réellement besoin ? Une société pluraliste n'a peut-être pas besoin d'un concept unique et universellement contraignant des (Beaux-)Arts. Ce dont elle a besoin, en revanche, ce sont de moyens d'aborder de manière productive des conceptions multiples et parfois concurrentes de l'art. L'ICFA vous invite à contribuer à cette discussion de la manière la plus ouverte possible. Idées, exemples... Que censé représenter le terme « FA » (Fine Arts) au sein de l'ICFA ?
-
Qu'est-ce qui est considéré comme de l'art ?
-
Qu'est-ce qui mérite un financement ?
-
Que faut-il collectionner ?
-
Qui définit la qualité ?
La réunion de l'ICFA à Toronto souhaite rassembler une grande diversité de participants aux parcours et idées variés, afin de faire progresser nos réflexions et d'enrichir le débat sur les « Beaux-Arts » de manière véritablement moderne et progressive.
Modalités de candidature
L'ICFA souhaite échanger et partager des connaissances travers les trois axes ci-dessous :
-
Qu'est-ce qui constitue les (Beaux-)Arts au Canada ?
-
Le langage de la scénographie : comment créer du contexte, et pour quel public ?
-
Musées et engagement communautaire dans les sociétés multiculturelles.
Veuillez envoyer un résumé de 300 à 400 mots ainsi qu'un court CV à secretary.icfa(a)icom.museum avant le 30 juillet 2026.
-
Notification d'acceptation : 15 août 2026.
-
Les participants devront donner leur présentation en anglais, pour une durée de 15 minutes, incluant un support visuel.
-
Les propositions seront évaluées par des pairs et les actes de la conférence pourront faire l'objet d'une publication.
-
Les intervenants devront couvrir leurs propres frais de déplacement. Des bourses de voyage pour les jeunes membres de l'ICOM (de moins de 40 ans) seront disponibles. Des informations complémentaires seront transmises pour ces demandes.
Conditions d'adhésion
Veuillez noter que tous les participants doivent être membres individuels ou représentants de membres institutionnels de l'ICOM (à jour de leur cotisation) au moment de la conférence.
