Vers de nouvelles normes de conservation ?

Sous-titre
Réévaluer face à la crise climatique et énergétique
Soirée-débat déontologie // 13 décembre - 18h-21h

Propos de la rencontre

Dans un article du 28 octobre dernier dans Le Monde, Michel Guerrin appuyait là où cela fait mal, en demandant ouvertement ce que les musées, les salles de spectacles ou les festivals font pour préserver la planète. « La réponse oscille entre politique de l’autruche et jeu de dupes ».
Si la formule peut paraitre sévère au vu du nombre des initiatives et du nombre de publications dédiées aux bonnes pratiques parues ces derniers mois qui témoignent bien d’une véritable prise de conscience et d’un engagement réel de nos établissements, elle ne nous en ébranlera pas moins.  
Et le journaliste de citer Samuel Valensi, co-auteur du rapport Décarbonons la Culture ! publié en 2021 par The Shift Project, « prendre des mesurettes en urgence, ce n’est pas ça la sobriété ». Comment la définir d’ailleurs, cette sobriété énergétique, nouvel impératif qui guide aujourd’hui la plupart de nos choix ? Selon le Haut Conseil pour le Climat, il s’agit d’une « démarche qui vise à réduire les consommations d’énergie par des changements de comportement, de mode de vie et d’organisation collective ». Le gouvernement a d’ailleurs fixé un objectif de réduction de 10% de notre consommation énergétique à l’aune de 2024. Mais au-delà d’un besoin de faire face à l’urgence énergétique et économique, c’est un changement profond de nos modes de vie et de nos organisations, tel qu’affirmé dans la définition du haut Conseil pour le Climat, qu’il faut envisager.

Alors que nous nous apprêtons tous à baisser le chauffage cet hiver dans les espaces de travail de nos musées et que d’aucuns annoncent même des jours de fermeture supplémentaires, ne faut-il pas franchir un cap (une barrière psychologique peut-être ?), aller au-delà des « mesurettes », et interroger avec conviction nos modes de fonctionnement dans la durée? La viabilité de nos normes de conservation, établie il y a 30 ans, dans un contexte tout autre, semble être de ces sujets à revisiter. Le 6 septembre dernier, la ministre de la Culture, Mme Rima Abdul Malak interpellait également les professionnels français et la communauté muséale internationale sur la question de la climatisation dans les musées et de la conservation des collections, rappelant la nécessité de positions concertées sur le sujet.

ICOM France a donc choisi de proposer une nouvelle soirée de débat déontologie autour de la question de la réévaluation des normes de conservation telles que définies par trois décennies de conservation préventive.
Comment continuer à préserver nos patrimoines, tout en étant conscient de la réalité qui nous frappe de plein fouet ?
Peut-on encore faire valoir un immobilisme conservateur en la matière ?
Comment faire évoluer nos schémas de pensées sans brader la conservation des biens dont nous avons la garde, pour les générations futures ?

Les intervenants français et étrangers qui prendront la parole lors de cette soirée présenteront leurs engagements courageux et militants, les pistes de réflexions, les premières études réalisées en la matière, mais aussi leurs doutes ou les limites de l’exercice, avec pour objectifs de participer collectivement et en concertation à la définition de nouvelles normes, établies en réponse à la crise que nous traversons et qui bouleverse à coups sûrs et durablement notre manière d’être au monde.

Emilie Girard, 30 octobre 2022

Programme

Ouvertures

  • Charles Personnaz, directeur de l’Institut national du patrimoine
  • Emilie Girard, présidente d’ICOM France 

Intervenants

  • Florence Bertin, responsable du département des collections au Musée des arts décoratifs de Paris
  • Ann Bourgès, ingénieur de recherche, département Recherche, C2RMF & secrétaire d’ICOMOS France
  • Frédéric Ladonne, architecte programmiste, membre du bureau d’ICOM France
  • Katharina Korsunsky, secrétaire générale d’ICOM Suisse
  • Caitlin Southwick, directrice de Ki Culture & membre du groupe de travail sur le développement durable de l’ICOM
  • David Vuillaume, directeur général de l'association allemande des musées & président de NEMO

La rencontre sera animée par Sandrine Beaujard-Vallet, responsable de la régie des œuvres et des expositions au Centre Pompidou, et sera conclue par Hélène Vassal, adjointe à la directrice des études et du département des conservateurs, Institut national du patrimoine.

Informations pratiques

Cette séance est organisée en direct sur une plateforme numérique et se tiendra simultanément en français, en anglais et en espagnol. La rencontre est enregistrée.

Accès à la rencontre