Information sur le plan d'action
Réaliser son plan d'action : méthodologie, contexte et renvoi vers le guide méthodologique
Dans le cadre de l’initiative d’ICOM France visant à accompagner la transition écologique et bas-carbone des musées, la construction du plan d'action s’inscrit dans une démarche structurée de mesure et de réduction (« mesurer pour réduire »). L'élaboration du plan d'action vise principalement à identifier les chantiers prioritaires, à lever les freins, puis à transmettre l'autonomie nécessaire aux établissements pour déployer leur feuille de route.
L'étude recommande donc de s'appuyer sur trois étapes clés : d'abord l'idéation (lister l'ensemble des actions potentielles), puis la priorisation (évaluer les actions selon leur impact carbone et leur faisabilité technique ou financière), et enfin la caractérisation opérationnelle (définir les responsables, le calendrier, le budget et les prochaines étapes). Pour guider pas à pas chaque établissement dans cette démarche, les enseignements du projet sont capitalisés au sein du Guide méthodologique de réalisation d'un plan d’action, qui explicite la méthode tout en mettant à disposition une Bibliothèque d'actions sectorielles adaptées aux enjeux des établissements culturels.
Plans d'action des musées partenaires : les grands axes de travail retenus
L'analyse menée sur le panel des 14 musées participants montre que la mobilité des publics, la consommation d'énergie et les achats de fonctionnement constituent les principaux postes d'émissions ; chaque musée a structuré son plan d'action autour d'axes stratégiques adaptés à ses propres contraintes .
Il est à noter que le rapport d'étude complet assure une présentation plus exhaustive et détaillée de l'ensemble des axes de travail retenus par chaque établissement.
À titre d'exemple :
- Musée de l'Horlogerie : Plan axé sur quatre piliers stratégiques — promouvoir la mobilité bas-carbone des visiteurs et qualifier les trajets réels via une enquête ; réduire l'empreinte thermique du bâtiment fortement liée au gaz naturel ; structurer les achats écoresponsables auprès des fournisseurs ; et encourager les mobilités douces / éco-conduite pour les collaborateurs.
- Musée Stella Matutina (La Réunion) : Musée confronté à une forte empreinte liée à la climatisation et à l'électricité fossile du mix local. Ses axes privilégient l'installation d'une centrale photovoltaïque en toiture, la comptabilisation exacte des fuites de fluides frigorigènes, la mise en place du Forfait Mobilités Durables pour les agents, et l'intégration de critères environnementaux dans les marchés publics.
- Musée des Beaux-Arts de Tours : Axe prioritairement son effort sur l'adoption d'une politique tarifaire incitative pour les visiteurs venant en transports en commun ou en mobilités douces, la généralisation des éclairages à basse consommation/LED, et la sobriété dans la fabrication de ses outils de communication.
- Muséum-Aquarium de Nancy : Bien que doté d'équipements aquariophiles, il optimise ses consommations via le réseau urbain et concentre ses axes d'actions sur la co-production d'expositions avec d'autres structures CSTI, le renforcement de l'isolation du bâtiment (changement des fenêtres), l'engagement écoresponsable des prestataires et le réemploi du mobilier d'exposition.
- Musée Fernand Léger & Musée départemental des Hautes-Alpes : Tous deux ont articulé leur plan d'action autour de trois grands volets structurants : Mobilité (visiteurs et collaborateurs), Bâtiment & Énergie (isolation, régulation du chauffage / climatisation), et Expositions/Organisation (éco-conception, réemploi des matériaux, gouvernance et suivi du plan).
Exemples d'actions concrètes mises en place
Parmi les bilans et les ateliers réalisés, de nombreuses solutions opérationnelles émergent sur le terrain. Si les exemples ci-dessous illustrent des actions priorisées, le rapport d'étude et la Bibliothèque d'actions offrent une vision exhaustive de l'ensemble des actions répertoriées lors du projet.
- Mobilité des publics : Mise en place d'un tarif bas-carbone réduisant le prix d'entrée sur présentation d'un titre de transport en commun ou billet de train (Musée Tomi Ungerer, MUSBA Bordeaux) ; installation de bornes interactives de sondage à la billetterie pour cartographier les modes de transport réels des visiteurs (Musée de Bretagne, Musée de la Chasse et de la Nature) ; adaptation des horaires des événements culturels pour correspondre aux horaires des transports publics (Musée de Bretagne).
- Production et gestion des expositions : Définition d'un budget carbone dédié pour chaque exposition temporaire (Musée Tomi Ungerer) ; conception de mobiliers d'exposition démontables et réutilisables ; fabrication de la signalétique exclusivement à partir de matériaux écoresponsables (MUSBA Bordeaux) ; co-production technique d'expositions entre différents réseaux de musées pour mutualiser les coûts et transports (Muséum-Aquarium de Nancy).
- Bâtiment et logistique : Réduction du transport d'œuvres grâce à la réalisation des opérations de restauration directement sur place (Musée de Bretagne) ; groupage systématique des transports pour les prêts d'œuvres (Musée Tomi Ungerer) ; installation d'accords-cadres imposant des critères d'éco-conception et des bilans carbone aux prestataires et aux marchés publics.
Un outil pour se saisir de ces enjeux : la « Bibliothèque d'actions »
Conçue dans le cadre de la boîte à outils livrée par ICOM France, la Bibliothèque d'actions est un outil de pilotage opérationnel conçu pour aider les équipes de chaque musée à structurer et faire vivre leur démarche de décarbonation. Cet outil permet de consolider l'ensemble des pistes d'actions identifiées en les classant par catégories (Mobilité, Énergie / Bâtiment, Expositions / Collections, Achats de fonctionnement...).
La prise en main repose sur l'évaluation systématique de chaque action selon des critères fondamentaux : son impact carbone potentiel et sa faisabilité (technique, financière ou organisationnelle), notés sur une échelle (par exemple de 1 à 3). La Bibliothèque d'actions offre une visibilité claire sur le statut d'avancement des démarches (actions « à prioriser » vs « en cours ») et attribue pour chaque fiche "action" un responsable dédié, une estimation des moyens budgétaires, un calendrier de déploiement ainsi que des indicateurs de suivi, garantissant ainsi un pilotage continu et efficace dans le temps.
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