Les musées comme agents de réconciliation et de cohésion sociale
La conférence annuelle d'ICOMAM (Comité international pour les musées et collections d'armes et d'histoire militaire) se tiendra à Lisbonne au Museu de Marinha en novembre 2026 et aura pour thème : Les musées comme agents de réconciliation et de cohésion sociale. Elle est organisée par le Museu do Ar, conjointement avec le Museu de Marinha et le Museu Militar de Lisboa.
Appel à communications
Les musées occupent aujourd'hui une position unique à l'intersection de la mémoire, de l'identité et du dialogue public. Autrefois considérés principalement comme des gardiens d'objets, ils sont de plus en plus reconnus comme des participants actifs à la vie sociale et politique des communautés qu'ils servent.
En tant qu'institutions publiques de confiance profondément enracinées dans les communautés locales, ils sont bien placés pour donner l'exemple du travail difficile qu'implique l'écoute au-delà des différences, la reconnaissance des préjudices et l'imagination d'un avenir partagé.
Les musées d'armes, d'armures et d'histoire militaire ainsi que les sites patrimoniaux sont, en particulier, les dépositaires des conflits passés. Ils conservent des objets qui peuvent être de puissants symboles d'identité, de fierté, de traumatisme et de griefs. Pourtant, précisément parce qu'ils travaillent au plus près des expériences les plus clivantes de l'humanité, ils possèdent également un potentiel extraordinaire et sous-exploré : celui d'aider les publics à pratiquer l'empathie, à comprendre comment la violence est produite et mémorisée, et à créer des espaces où des conversations difficiles peuvent être menées avec bienveillance.
Dans un monde divisé, de telles collections peuvent soutenir la réconciliation lorsque l'interprétation dépasse la célébration ou la condamnation pour s'orienter vers une recherche partagée. En présentant des perspectives multiples — combattants et civils, vainqueurs et vaincus, colonisateurs et colonisés, ceux qui ont servi et ceux qui ont résisté —, les musées peuvent remettre en question les récits simplistes et contrer les schémas polarisants du « nous contre eux ». Les armes et les armures offrent également un moyen concret d'aborder la responsabilité et les conséquences : qui a conçu, financé et utilisé ces technologies, qui en a souffert, et comment ces expériences ont été par la suite justifiées, commémorées ou passées sous silence.
Ce potentiel est d'autant plus fort lorsque les objets sont reliés à des histoires humaines et à des pratiques participatives, notamment la co-création d'expositions, les histoires orales, la recherche transparente sur la provenance et le dialogue accompagné sur la mémoire, la responsabilité et l'éthique de la force. Grâce à des approches inclusives et tenant compte des traumatismes, les expositions sur les armes peuvent encourager la reconnaissance mutuelle, la confiance civique et la cohésion sociale.
Les organisateurs de la conférence 2026 d'ICOM Arms & Military invitent donc à soumettre des propositions de communications sur le thème : « Les musées comme agents de réconciliation et de cohésion sociale ». Les propositions de tables rondes ainsi que les présentations individuelles seront examinées.
Les sujets potentiels pour les communications incluent, sans s'y limiter :
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Pratique curatoriale et patrimoine difficile : Comment les conservateurs/commissaires naviguent-ils entre les intérêts divergents des parties prenantes lorsqu'ils présentent des histoires de violence, d'oppression ou de déplacement ? Quels cadres éthiques guident les décisions sur ce qu'il faut exposer, ce qu'il faut omettre et comment contextualiser les objets contestés ?
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Participation communautaire et co-création : De quelles manières les communautés concernées peuvent-elles façonner les récits des expositions, les stratégies de collection et les programmes éducatifs ? Quels modèles de co-commissariat se sont avérés efficaces, et quelles tensions apparaissent lorsque les priorités institutionnelles et communautaires divergent ?
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Mémoire transnationale et héritages partagés : Comment les musées abordent-ils les histoires qui dépassent les frontières nationales (imbrications coloniales, mouvements de réfugiés, identités de la diaspora) ? Quel rôle les réseaux internationaux peuvent-ils jouer pour faciliter le dialogue transfrontalier et la compréhension mutuelle ?
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Éducation, médiation et dialogue intergénérationnel : Quelles approches pédagogiques aident les visiteurs, en particulier les jeunes, à s'engager de manière critique dans les histoires de conflits et d'injustices ? Comment les musées peuvent-ils créer des espaces sûrs mais stimulants pour le dialogue à travers les clivages générationnels, ethniques ou politiques ?
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Technologies numériques et accès inclusif : Comment les expositions en ligne, les visites virtuelles et les archives numérisées élargissent-elles, ou limitent-elles, l'accès aux contenus orientés vers la réconciliation ? Quelles opportunités et quels pièges apparaissent lorsque les musées utilisent des outils numériques pour toucher des publics qui ne peuvent pas se déplacer en personne ?
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Mesure de l'impact : Quelles méthodologies permettent aux musées d'évaluer leur contribution à la cohésion sociale ? Comment les institutions peuvent-elles aller au-delà du simple comptage des visiteurs pour évaluer des résultats plus profonds tels que le changement d'attitude, le développement de la confiance ou l'autonomisation des communautés ?
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Transparence et responsabilité des décisions éditoriales de l'IA : L'exigence éthique de transparence lorsque des systèmes d'IA prennent des décisions curatoriales, en sélectionnant les histoires qui émergent, les objets mis en valeur et les perspectives qui cadrent le parcours du visiteur, sans la responsabilité éditoriale attendue de la part de conservateurs humains.
Publication
Les actes de la conférence seront publiés, et toutes les personnes sélectionnées pour présenter une communication devront fournir une version écrite de leur intervention après l'événement. Les articles doivent donc être rédigés selon les normes requises pour une publication universitaire, avec les références appropriées, et soumis avant le 14 décembre 2026.
Soumettre une propositon
Pour soumettre une proposition, veuillez envoyer un résumé (300 mots maximum) et une biographie (150 mots maximum) via ce lien :
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Les interventions ne doivent pas dépasser vingt minutes.
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Les communications doivent être présentées en anglais.
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La date limite pour les soumissions est le 5 juin 2026 (23h59 GMT).
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Toutes les propositions recevront une réponse et/ou une confirmation d'acceptation d'ici le lundi 22 juin 2026.
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Pour toute question relative à la conférence ou à la soumission des résumés, contactez : ICOMAM_2026_Lisboa(a)museudoar.pt
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Des bourses de participation sont disponibles via ICOM Arms and Military : The Piet De Gryse Memorial Bursary et The Eva Sofi Ernstell Memorial Bursary.
Présentation des institutions partenaires
Le Museu do Ar (Musée de l'Air) partage l'histoire et le patrimoine de l'aéronautique civile et militaire portugaise, en mettant en valeur le rôle de la force aérienne dans la défense et le développement nationaux. Ses origines remontent à 1971, date de sa création officielle à Alverca, avant de connaître une réorganisation et une expansion qui ont conduit à l'inauguration de son site principal actuel à Sintra en 2009. Tout en conservant le site d'Alverca, le musée préserve une vaste collection d'avions, d'équipements et d'archives qui documentent l'évolution de l'aviation au Portugal, depuis les premiers vols militaires au début du XXe siècle jusqu'aux missions contemporaines.
Le Museu de Marinha (Musée de la Marine) a été créé par un décret du 22 juillet 1863, promulgué par le roi Luís de Portugal. Son père, le roi-consort Fernando II, portait un vif intérêt aux questions culturelles, ce qui a influencé ses enfants. Le roi Pedro V partageait cette passion, tandis que le prince Luís a poursuivi une carrière navale jusqu'à ce que la mort de son frère l'appelle au trône. Son expérience navale et ses intérêts culturels expliquent la fondation du musée sous son règne. Initialement installé près de l'Académie navale, le musée avait un but principalement didactique. Le 15 août 1962, le musée de la Marine a finalement été inauguré au monastère des Hiéronymites. Aujourd'hui, il présente la vie maritime au sens large — militaire, commerciale, de pêche et de plaisance — en se concentrant particulièrement sur l'ère des découvertes portugaises et la relation durable entre le Portugal et la mer.
Le Museu Militar de Lisboa (Musée militaire de Lisbonne) a été créé en 1842. Par le décret royal du 10 décembre 1851, publié par la reine Maria II, le Musée de l'Artillerie a été officiellement établi dans l'Arsenal royal de l'armée. En 1926, la désignation « Musée de l'Artillerie » a été changée en « Musée militaire ». En 2006, ce nom a de nouveau été modifié pour devenir « Musée militaire de Lisbonne (MML) », suite à la redistribution de la collection du musée parmi d'autres musées militaires situés sur le continent et les îles, limitant ainsi géographiquement l'ancien musée militaire à la seule ville de Lisbonne. Classé monument d'intérêt public depuis 1963, il s'agit du plus ancien musée de la ville de Lisbonne.
L'ICOMAM (Comité international pour les musées et collections d'armes et d'histoire militaire) est un comité international de l'ICOM spécialisé dans l'étude et la préservation des armes, des armures et de l'histoire militaire. Son objectif est d'encourager la recherche sur les armes, les armures et les militaria. Il stimule activement les normes professionnelles de soin, de gestion et de conservation des collections, conformément aux bonnes pratiques internationalement reconnues et aux directives de l'ICOM. L'approche d'ICOM Arms and Military est historique, scientifique et objective, mais s'inscrit toujours dans un contexte social.
