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Collections techniques et scientifiques orphelines, réévaluées, perdues des musées publics et privés

Sous-titre
Appel à contribution
Musée des Arts et Métiers // Date limite : 15 juillet 2026
Contenu

Des journées d’étude sur le thème "Collections techniques et scientifiques orphelines, réévaluées, perdues des musées publics et privés" auront lieu les 8 et 9 décembre prochains au musée des Arts et Métiers-Cnam.

Les fermetures de musées, qu’elles soient partielles ou totales, ne sont plus des événements exceptionnels, mais bien une tendance lourde qui interroge la place des collections scientifiques et techniques dans le paysage culturel contemporain. Selon l’enquête « Musées de France 2024 », menée par le Service des Musées de France (SMF) et le Département des études, de la prospective, des statistiques et de la documentation (DEPS-DOC) du ministère de la Culture, 44 % des musées étaient fermés partiellement (31 %) ou totalement (13 %) en 2023 (p. 13). Ce chiffre, déjà alarmant, sous-estime la réalité : il exclut en effet les institutions dont les collections, mises en caisses depuis des années, n’ont plus d’espoir de réouverture et ne répondent donc plus aux enquêtes. Pourtant, 48 % des musées ayant participé à cette étude déclarent conserver des collections dominées par les sciences ou les techniques (archéologie, ethnologie, industrie, sciences de la nature, etc.) (p. 27). Comment expliquer ce paradoxe entre l’importance quantitative de ces collections et leur fragilité institutionnelle ?

La réponse tient en partie à des facteurs structurels. Les collectivités territoriales, qui gèrent environ 65 % des musées tous statuts confondus, sont souvent contraintes de faire porter l’effort budgétaire sur des équipements dont l’utilité économique immédiate n’est pas évidente. Les musées scientifiques et techniques, dont la fréquentation est parfois en baisse, deviennent alors des variables d’ajustement. Mais cette explication, si elle est réelle, est insuffisante. Comme le soulignaient déjà Marie-Sophie Corcy et Christiane Demeulenaere-Douyère dans Artefact (n° 5, 2016), « l’imprescriptibilité et l’inaliénabilité confèrent un statut juridique aux collections publiques, mais ne les préservent pas de leur ‘mise en caisses’ ». Les collections, soumises aux vicissitudes des politiques culturelles, des restructurations institutionnelles et des financements publics, restent fragiles, d’autant plus qu’elles échappent souvent à la suprématie des beaux-arts, traditionnellement mieux dotés.

Pourtant, les inquiétudes ne datent pas d’hier. Dès 1988, le Rapport Héritier-Augé, remis à Lionel Jospin, alors ministre de l’Éducation nationale, alertait sur « la situation criante d’abandon intellectuel et moral » des musées scientifiques nationaux, malgré la richesse de leurs collections. Ce rapport a permis, dans les années 1990, la rénovation de plusieurs établissements, dont la Grande Galerie de l’Évolution du Muséum national d’Histoire naturelle ou le Musée national des techniques (aujourd’hui Musée des Arts et Métiers). Trente ans plus tard, les problèmes persistent, voire s’aggravent. Les bâtiments vieillissent, les budgets se resserrent et les collections, parfois jugées « dépassées » au regard des avancées technologiques ou des injonctions sociétales, peinent à trouver leur place.

Ces journées d’étude se proposent donc d’aller au-delà du constat pour interroger les réactions et les évolutions des pratiques des musées publics ou privés en charge de ces collections. L’enjeu n’est pas n’est pas tant de dresser un état des lieux que de proposer des pistes concrètes pour la conservation, la transmission et la valorisation de ce patrimoine. Comment pérenniser des collections dont la matérialité même les rend vulnérables ? Comment articuler innovation numérique, présence muséale et traçabilité documentaire sans dissoudre le lien entre les publics et les objets ? Comment sécuriser les trajectoires des collections privées, souvent menacées de déshérence ? Autant de questions qui structureront nos réflexions.

Les propositions pourront notamment explorer les enjeux de conservation, de traçabilité, de numérisation, de transmission et de valorisation de patrimoines menacés de disparition.

Modalités pratiques

Dates : 8 et 9 décembre 2026
Lieu : musée des Arts et Métiers-Cnam, 60 rue Réaumur, 75003 Paris

Les propositions de communication devront être envoyées avant le 15 juillet 2026 aux adresses qui suivent. Elles comprendront :

  • Un titre ;
  • Un résumé de 3000 caractères maximum (espaces compris) indiquant les sources, les choix méthodologiques de l’auteur ou des auteurs, ainsi que leurs titres et institutions de rattachement.

À envoyer à :

  • marie-sophie.corcy(a)lecnam.net
  • rosène.declementi(a)lecnam.net
  • arnaud.hurel(a)mnhn.fr
  • olivier.labat(a)lecnam.net
  • guy.lambert(a)paris-belleville.archi.fr

Comité d’organisation :

  • Michèle Antoine
  • Marie-Sophie Corcy
  • Rosène Declementi
  • Arnaud Hurel
  • Olivier Labat
  • Guy Lambert

Date limite : 15 juillet 2026

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