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Lettre de janvier 2021

Édito par Juliette Raoul-Duval, présidente
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Chers membres de l’ICOM, chers collègues,

Janvier est le mois où tous les vœux sont permis…

Nous formons celui que 2021 vous garde en bonne santé : de cela dépend que notre souhait professionnel commun le plus ardent - rouvrir à nos publics - se réalise vite ou plus tard. 

Nous savons les actions exemplaires que toute la profession a accomplies durant cette longue année écoulée, pour maintenir le contact avec les publics, via le numérique quand nous avons dû fermer en mars, puis pour accueillir les visiteurs au cours de l’été, puis pendant le deuxième confinement et, depuis octobre, pour préparer à nouveau le retour tant attendu.

Nous savons à quel point depuis 10 mois, tous les membres des musées ont entretenu un état d’esprit créatif et constructif.

Nous connaissons - et nous devons faire connaître - tous les dispositifs que nous avez conçus pour que les musées soient les lieux les plus sûrs que l’on puisse imaginer : équipements de mise à distance, nettoyage renforcé des parties communes, préinscription des visiteurs, respect des jauges, parcours à sens unique, surveillance attentive du respect des gestes barrières…

Nous avons demandé à la ministre Roselyne Bachelot de nous recevoir. Cette demande est faite en association avec quatre autres organisations représentatives des professionnels des musées : la FEMS, l’AMCSTI, la FFCR, la conférence permanente des Muséums . Le rendez-vous est fixé au 21 janvier prochain.  Nous nous ferons les porte-parole de tous vos efforts et nous dirons le potentiel que les musées représentent : des lieux où l’on retrouve le sens et la joie de vivre, des lieux où l’on cultive le goût d’apprendre. Nous voulons souligner ce rôle pour l’éducation, notamment des enfants, si essentiel pendant cette crise.

Ce rendez-vous, nous l’attendons avec impatience. Car, si nous sommes sensibles à la sincérité de la Ministre exprimant son déchirement, à ses déclarations sur les musées qui pourraient être les premiers lieux culturels à rouvrir, à son espoir du « printemps inexorable », nous pensons que nous avons beaucoup à rapporter sur la réalité de votre expérience, de votre sens des responsabilités et des attentes de nos publics. De mai à octobre, puis de nouveau depuis décembre, lors des sessions sur zoom que nous avons ouvertes pour vous rapprocher les uns des autres, vous avez relaté vos initiatives, qu’elles concernent l’organisation de votre travail ou la production de contenus. Sur cette plateforme, ceux qui témoignent sont des professionnels de tous les musées, quel que soit le statut de leur établissement, quelle que soit leur place dans l’organigramme, car c’est cela, ICOM France : une organisation représentative de tous les métiers des musées et notre organisation, à l’international, permet à tous les professionnels du monde (135 pays membres, 50 000 adhérents) d’échanger, de s’entraider, de coopérer.

Ce rendez-vous, nous l’attendons avec confiance, c’est le premier rendez-vous ministériel de vos associations représentatives depuis cette crise. Bien sûr, les contacts ont été étroits, confiants, réguliers avec les autorités de tutelle de la Culture. Mais tous n’avez pas la « culture » comme tutelle, tous les musées ne sont pas des « musées de France », ni même des établissements publics (associations, fondations...), tous les professionnels de musée ne sont pas des agents publics... Loin s’en faut.

Nous dirons aussi que nous sommes dans un réseau, ICOM à l’international, qui a prouvé sa vigueur. De par le monde, les musées ont montré leur sens des responsabilités et leur capacité à rebondir encore plus avec cette crise. Les uns inspirent les autres et c'est notre richesse.

Mais dans beaucoup de régions du monde, les musées sont fermés et dans certains pays, nombreux d'entre eux ne rouvriront pas. Nous savons combien notre modèle ici nous a protégé. Le devoir de solidarité sera le premier dans notre organisation et nous voulons y prendre notre part. C’est le sens de notre nouveau cycle, intitulé « Solidarités », avec des partenaires en Europe (Grèce, Finlande), dans des pays où les expériences sont si différentes (Israël) et aussi le comité international des musées scientifiques et techniques : la mission des musées scientifiques est primordiale dans la tragédie sanitaire que nous vivons, car ils exposent la place de la recherche et la rigueur de l’esprit scientifique, celui qui permet de distinguer le croire du savoir.  

Nous nous retrouverons mardi 19 janvier sur zoom pour parler de solidarité et de mutualisation.

Puis le 9 mars, nous aurons un débat de déontologie sur « recherche et musée » (notez bien cette date reportée d’un mois pour nous laisser une chance de pouvoir vous accueillir en présentiel à l’Institut national du patrimoine).

Le 30 mars prochain, un webinaire européen réunira les représentants des grands musées d’Europe, qui s’interrogeront ensemble sur l’impact à long terme de la crise de la Covid. La France sera représentée par le musée du Louvre et Universcience. Remercions notre collègue président d’ICOM Europe - Luis Raposo - d’avoir pris cette initiative !

Rester mobilisés pour que le monde des musées continue d‘inventer demain, c’est notre tâche quotidienne. Près de 2500 membres français ont adhéré à l’un des 30 comités internationaux de l’ICOM et une quinzaine sont membres des bureaux exécutifs de ces comités internationaux. Que les musées coopèrent entre eux en ce moment est un enjeu décisif et nous organiserons dès le début de l’année un temps d’échange entre ces membres. Enjeu décisif aussi, celui de contribuer à ce débat si intense sur la définition du musée. Un groupe de travail nouveau s’est formé, une consultation des membres est en cours. Nous resterons extrêmement actifs pour qu’ICOM conforte son unité.

S’ouvre également en ce moment le chantier de l’actualisation du code de déontologie : vous le savez ce code traduit en 37 langues est le lien premier entre tous les membres, puisque tout adhérent s’engage à le respecter. L’évolution des musées ces dernières années et les transformations inévitables que la Covid produira doivent trouver un reflet de notre code de déontologie et il est important que chacun puisse être acteur des changements à l’œuvre. Vous êtes invités à vous exprimer sur le site d’ICOM, soyez nombreux à le faire !

Vous le voyez, en 2021, la tâche sera immense. Nous avons plus que jamais besoin de vous.

Portez-vous bien !